[Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

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Metazenithian
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[Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » lun. 21 mars 2016, 00:37

Bonjour à toutes et à tous, amis Poképédiens (et Poképédiennes) !

Certains, que nous appelleront des vieux, se souviennent peut-être encore qu'en des temps reculés, lorsque Poképédia n'était encore qu'un jeune forum, alors même que la publication de fics sur le forum était à ses balbutiements, sous l'impulsion de la plume de Revern (membre aujourd'hui disparu) , je prenais un malin plaisir à pourfendre les écrits des jeunes auteurs brillants d'espoir, pour les voir se torturer de douleur face à la critique. Mouais... avec le recul je trouve que j'étais vraiment très gentil à l'époque...
Puis au fil du temps, cette activité m'a lassée. Les écrits et les auteurs se succédaient, apportant chacun moins d'originalité et de profondeur que le précédent. Casser du sucre sur le dos de ces auteurs ne présentait plus aucun intérêt pour moi... (Ne faîtes pas attention à ce paragraphe, il est empli de mauvaise foi, et de " c'était mieux avant " ; en fait j'avais juste la flemme de lire parce que je n'avais plus beaucoup de temps à consacrer au forum (les études toussa toussa) :D )

Mais finalement, aujourd'hui je décide enfin de publier un de mes écrits, peut-être pour me prouver quelque chose à moi-même, ou voir ce que ça fait d'être dans la peau du critiqué. Ou alors juste parce que j'avais envie de publier un truc. Faut voir.

Alors tout d'abord, qu'est-ce que le Cercle des 12 ?
Et bien le cercle des 12, chers amis, c'est un cycle (ou un cercle) de 12 histoires complètement autonomes, ayant toutes pour thème la mythologie grecque ; et plus exactement, les histoires se cachant derrière les signes du zodiaques (qui sont, quelle coïncidence, au nombre de 12) . Parce que oui, chaque signe du zodiaque grec (et à fortiori, chaque constellation) a un mythe qui lui est associé.
Donc disais-je, ce sont des réécritures de mythes grec, mais avec la particularité d'être transposés dans la mythologie japonaise (ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer) .


Et niveau publication, ça va se passer comment ?
De manière très simple, je publierai quand j'aurais quelque chose à publier :D Mais normalement, il devrait y avoir une histoire par mois, l'idée étant de faire les 12 histoires (et donc les 12 signes du zodiaque) sur une année.
Toutes les histoires seront divisées en 3 parties qui seront du coup publiées au cours d'un mois, soit la partie entière d'une traite, soit en divisant la partie en plusieurs " chapitres " publiés quand je pourrai le faire.

Bon, je crois que c'est à peu près toutes les infos que j'avais a donner, passons maintenant à l'histoire qui nous intéresse.

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Cette première histoire s'intitule Kyoride wa Yama (vous comprendrez le sens au bout d'un moment ^^ ) et va vous faire suivre les aventures d'un héros fort sympathique dans sa quête d'identité.

Etant donnée que la 1ère partie prend 6 pages sur Word, j'ai décidé de publier cette partie petit à petit plutôt que d'un coup (ça, et le fait qu'il manque encore quelques trucs à écrire :° )

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Voici juste après une version compilée de l'ensemble de la 1ère partie.

Kyoride wa Yama La grotte de milles feux :
Au loin, une montagne.

Majestueuse gardienne de la route menant de la terre aux cieux, elle trône sur l’horizon, géante parmi les montagnes, tel un colosse inébranlable.
Faisant face à la mer, ses abruptes falaises résistent sans ciller aux vagues dévastatrices de Kuraokami.
En son sein, des grottes, des cavernes, des gouffres se creusent, abritant moult formes de vie.

Et l’eau perce à travers des failles sous-marines. Et elle cymbale la surface de l’eau. Elle tambourine les roches des parois. Elle s’abat contre le sol de la caverne. Et les murs timbalent, balayés au passage. Et les bâtons de pluie tournent dans tous les sens.

Et le vent souffle au sommet de la montagne. Et il s’y engouffre en passant dans les creux. Sur les parois, l’air glisse, effleurant la roche. Les affleurements le fendent sur le passage, comme les biseaux font siffler un courant d’air. Des courants ascendants remontent les tuyaux et traversent les ouvertures des parois. Les feuilles sont des anches au passage de l’air.

Et le soleil se lève. Par les failles et les creux, sa lumière pénètre les cavernes. Elle frappe les parois, les éclaire, se réfléchit et poursuit sa course de paroi en paroi. Sur son passage des pierres, des minéraux réagissent, renvoient des lumières colorées jaune, verte, violette, bleu, rose. Et tout l’arc-en-ciel y passe. Et toute la grotte s’illumine, comme si elle était sertie de vitraux colorés.


Au centre de la montagne, entre terre et mer, une gigantesque grotte. Où que son regard se porte, il n’arrive pas à en voir les bords. Devant lui, une forêt, profonde, sombre. Il se promène tranquillement à l’orée de cette forêt. Soudain, un bruit. On s’approche.

Tout s’accélère brusquement. Il se rue dans la forêt. Au loin, il sent l’ennemi arriver. Derrière ? Devant ? Sur les flancs peut-être ? Le bruit assourdissant des pas fait écho tout autour de lui. Peu importe. Le danger est quand même là, quelque part.

Ils sont là. Quelque part. Le bruit environnant grandit. A gauche, à droite, là-bas, là. Ici ? Partout. Partout les pas font vibrer le sol. La forêt est trop sombre pour y voir. La lumière de la lisière en face est la seule lanterne.

La lumière, les pas, tout se rapproche. Il court. De plus en plus vite. Eux aussi. Leurs pas font trembler le sol. Il tremble. Ils courent encore plus vite. Il fond en larmes. Ils fondent sur lui.

Là ! La lumière grandit devant. La fin est proche. Il espère. Eux aussi.


De la forêt, une silhouette surgit. Un animal à la fourrure brune, ses bois en demi-lune avec une petite sphère à la base s’extirpe, apeuré. La plaine est là, devant lui, la forêt, derrière. Il s’arrête, se retourne, et prend le temps d’écouter s’ils le suivent toujours.

Une, deux, quatre, neuf, douze. Douze silhouettes surgissent à leur tour de la forêt. Ils sont comme une masse difforme de fourrure orange rayée noir. Ils l’encerclent. Leur regard est chargé d’agressivité. Certains ouvrent grandes leur gueules, d’autres montrent leurs griffent. Ils attendent un signal. L’un d’entre eux bondit sur lui. Il est différent des autres. Les autres le suive. Il se recroqueville à terre. Il se jette sur lui. Ils se jettent sur lui.

Rien. Plus rien ne bouge. Plus aucun bruit, seulement le couinement de la personne à terre. Les autres sont restés figés en l’air dans une sorte d’aura violette. Ils sont alors violemment projetés contre les arbres de la forêt et s’enfuient. Sauf un, il est différent des autres, sa fourrure n’est pas orange mais jaune or. Il est reposé à terre doucement.

« Ruka ! Hapi ! Allez aider Odoshishi. », lance fermement une voix métallique au loin. Deux personnes courent alors en direction de la personne à terre. L’un a un pelage bleu foncé, laissant par endroit apparaître sa peau noire. Sur son torse et l’arrière de ses mains, des pointes métalliques sortent de son corps. L’autre a une peau rose et blanche, et une poche sur le ventre. Son corps a la forme d’œuf, et sa peau forme comme des froufrous au niveau de sa taille.

La personne à la fourrure jaune s’éloigne d’Odoshishi. Derrière lui, Ruka et Hapi s’affairent à s’enquérir de l’état de la personne à terre. Il avance droit devant lui, vers là où la voix métallique s’est faite entendre. Un reflet de lumière trahit la présence de quelqu’un. Son corps est constitué d’un métal gris foncé. Il ne possède pas de jambes et il flotte dans les airs. Ses bras sont deux cylindres de métal, il n’a pas de mains, seules trois griffes sortent du bout des bras. Son regard est froid et vide, mais on ressent un certain agacement émanant de lui.

« Alors Kinzoku, on est arrivé à temps ? » s’exprime la personne au pelage jaune.

« Sire, nous rentrons » donne pour toute réponse la personne flottante, Kinzoku. Avant de partir, il demande à Ruka et Hapi de raccompagner Odoshishi au village et assure à ce dernier qu’il sera nourri et logé aux frais du roi Ryujin pendant les prochains mois, en compensation.


Après au moins une heure de marche, le jeune sire et Kinzoku, quoique ce dernier ne marche pas mais flotte au-dessus du sol, arrivent devant une gigantesque muraille s’étalant à perte de vue. Elle englobe un complexe d’édifices situés sur une stalagmite au centre de la grotte. La stalactite centrale vient effleurer une statue représentant un phénix sur le toit du bâtiment le plus haut.

Les murailles, si hautes que personne ne saurait en atteindre la moitié, sont faites d’une pierre faiblement tintée d’un bleu profond et de minerais envoyant une puissante lumière rose pâle. La porte, aux dimensions de l’édifice est faite d’un bois sombre cerclé de minerai rose. Elle est sculptée d’un haut-relief représentant une personne aux ailes écartées, avec des vagues s’éloignant de lui. Tous les contours des reliefs sont faits de minerai rose.

« Kinzoku ? Pourquoi tu m’as ramené ? Tu m’as même pas fait la morale » aboie-t-il au gouverneur.

« Votre père veut vous parler, Sire. » répond sèchement Kinzoku


La colossale porte s’ouvre, laissant apparaître plusieurs bâtiments derrière elle. La voie centrale continue droit devant, grimpant la stalagmite vers ce qui est le bâtiment le plus important, le palais de Ryujin. A droite et à gauche, plusieurs bâtiments sont bondés de gens en plein travail. Sur le passage du jeune sire, les groupes de personnes deviennent silencieuses et commencent à chuchoter une fois passé derrière lui.

En se rapprochant du palais, le petit groupe passe un torii en bois et entrent dans un autel dédié à Kuraokami, passage obligé sur le trajet.

Finalement, ils arrivent devant le palais.


Le palais. Érigé contre une colonne de pierre montant du sol au sommet de la grotte, il est la marque de la suprématie de Ryujin, roi sous la montagne, dieu des abysses. Tout ce qui se passe dans la caverne y est visible. Rien ne lui échappe.

Ses gigantesques murs sont intégralement faits à partir de coraux rouges et blancs éclatants et tous les piliers et les colonnes sont sculptés dans du cristal bleu et rose. Une saison est représentée sur chacun des quatre côté du palais.

A l’est, c’est le printemps qui fleuri sur les murs, et les cerisiers également, avec leur couleur rose pâle sur le fond cyan. Il fourmille de petits détails qui à la lumière du matin semblent le faire bouger entre les deux colonnes de cristal l’encadrant. Sa délicate douceur demeure intouchée et réchauffe les cœurs ; tout comme l’eau des mares à ses pieds. De nombreuses personnes vivent là ; des petites – pas plus de trente centimètres – , orange et bleu pâles avec une rectrice divisée en deux, ou rouge et bleu foncés, avec le ventre blanc et deux rectrices , se posent de temps à autres sur les branches des abricotiers en fleur et gazouillent mélodieusement. Dans les mares délicatement brumeuses – leur donnant cet aspect si mystérieux et pourtant si paisible – habitent d’autres personnes à la peau verte et jaune, et aux joues roses fluorescentes.

Au nord, c’est l’hiver. Le froid. La neige. La glace. Les murs prennent une teinte noire pâle, contrastée par l’épaisse couche neigeuse lui faisant face. Un lit de feuilles tombées des arbres dénudés s’y repose, desséchées par la froideur du lieu. Dans les rares étendues d’eau qui ne sont pas gelées, on peut apercevoir çà et là des personnes rondes, jaunes et vertes, et entièrement recouvertes de dards. De temps en temps, ils gonflent leur corps afin de se protéger de leur environnement. Aucune autre forme de vie n’y est distinguable. Les personnes qui passent là ne peuvent rien faire d’autre que regarder la neige. Encore et encore. Inlassablement.

A l’ouest, l’automne arrive, apportant avec lui le tonnerre, les typhons et les feuilles qui commencent à tomber. Depuis toute la façade ouest, une ouverture vers la surface dans les parois de la grotte permet d’admirer la lune et la rivière dans les cieux. La lumière se reflète sur la blancheur éclatante du mur, subtilement teinté vers sa base par toute sorte de fruits s’y frottant. Ce sont des poires, des coings, des pêches, des kakis, des pommes ou des raisins ; chacun venant apporter sa petite touche de couleur au paysage. La vie n’est pas en reste et se compose ici de personnes assez petites – entre trente centimètres et un mètre – contemplant paisiblement les feuilles changeant de couleur et brillant, sur les arbres et par terre. La plupart produisent des sons mélodieux en frottant leurs antennes, ou leurs bras sur leur torse, transmettant ainsi leurs émotions par la musique.

Et finalement, au sud, l’été. La saison de Ryujin. La saison des pluies et des tempêtes. La façade transpire d’un rouge écarlate contrastant avec la roche grise qu’on peut apercevoir en fond derrière le palais. De la glycine court sur sa surface, de nombreuses grappes de fleurs violettes et blanches pendant des tiges, adoucissant légèrement la puissance visuelle du mur. Par terre, des iris recouvrent tout le sol et amène une touche de blanc avec des pointes d’indigo à la scène. Enfin, quelques bigaradiers poussent et ombragent le jardin, permettant à ces habitants de se reposer sous ses fleurs blanches. Justement, ceux-ci apprécient la chaleur mais pas la lumière du soleil. Les nymphes vivent sous terre et se servent de leurs pattes pour creuser des galeries, et de leurs antennes pour se repérer. Lorsqu’elles sont prêtes, elles se dirigent vers la surface afin de muer. Une fois celle-ci achevées, elles se fixent sur les troncs des arbres et chantent pendant toute leur vie. Lorsqu’ils se déplacent, ils sont si rapides qu’il est impossible de les suivre, seul leur cri strident permet de les retrouver. Certaines légendes racontent que les mues laissées à l’abandon prennent vie et volent les âmes de ceux qui regardent à l’intérieur.

Au milieu de cette nature, un chemin en pierres colossales rouges et blanches conduit jusqu’à l’entrée du palais. Sur la gigantesque porte en bois est érigée un haut relief de Ryujin réalisé en cristal bleu transparent. C’est par là que tout le monde rentre dans le palais, surtout ceux ayant des actes à se reprocher.

Le duo arrive finalement devant la pièce du trône après être passé par un dédale de salles toutes plus impressionnantes les unes que les autres.


« Kinzoku, tu peux disposer, laisse nous » lance une voix féminine, sans qu’on puisse déterminer d’où elle provient.

« Bien Dame Kamiremasu » répond Kinzoku, s’éclipsant dans une des ailes du palais.

Le jeune sire s’avance de quelques pas, hésitant.

« Pourquoi ? » demande la reine, toujours invisible.

« Mère… ? »

« Pourquoi ? » reprend Kamiremasu. « Pourquoi fais-tu ça ? »

Un puissant hennissement se fait entendre. Il tourne la tête dans tous les sens, cherchant sa mère du regard. Finalement, il baisse sa tête vers ses pattes avant et le sol, considérant que c’est le meilleur moyen d’éviter sa colère.

« Va, ton père t’attend. » termine Kamiremasu, sa voix disparaissant dans les profondeurs du palais.

La tête toujours baissée, Il s’approche de la porte centrale. C’est là, derrière cette colossale porte que préside Ryujin, grand maître des abysses. La porte est faite de minerais rouge et blanc cerclée de bois sombre et parée de cristal rose représentant Ryujin dominant la mer.


La salle derrière est très vaste, le chemin central est fait de bandes de minerai rouge et blanc, la colonnade est en cristal, et au fond de la pièce, le trône, fait d’argent et de cristal rose surplombe le reste de l’espace. Le plafond est si haut qu’on ne le distingue pas. Les lumières proviennent des colonnes et des minerais au sol. Le trône, richement sculpté, est lui aussi éclairé depuis le sol, par une lumière à la fois puissante et mystérieuse.

Sur ce trône siège Ryujin, dieu de la mer. Du haut de son long cou, sa tête surplombe le petit être venu subir son courroux. Ses ailes gigantesques embrassent jusqu’aux colonnades de la pièce. Ses yeux sombres luisent dans la pénombre environnante. Tous peinent à distinguer sa silhouette, mais d’aucuns ne doutent de sa puissance. Son simple regard suffit à intimider quiconque l’observe. Ses pattes sont si puissantes qu’elles enfoncent le sol lorsqu’il marche. Un simple battement de ses ailes cause des tempêtes interminables. Ses ailerons bleu se hérissent sur son corps blanc. Ses simples respirations suffisent à semer la crainte à ceux qui se présentent à lui.

Et à peine entré, un grognement se fait déjà entendre.


« Qui es-tu ? » commence Ryujin.

« Oui. Qui es-tu ? Tu n’es rien. Tu n’es qu’un lâche. Tu amènes ici tous les maléfices. Tu t’entoures d’une bande de vauriens, mais sans eux, c’est toi qui n’es rien. Tu ne t’en prends qu’à de faibles civils, parce que tu es trop peureux pour t’en prendre à des personnes qui peuvent te répondre. Tu n’es rien. »

Jusqu’à présent subissant la colère de son père la tête basse, le garçon au pelage jaune rayé noir se relève. Ses yeux commencent à s’emplir de colère. Ses poils se hérissent sur tout son corps. Il baisse son corps, se prépare à bondir. Ses yeux sont pleins de haine. Alors que Ryujin s’approche de lui, Uneie s’élance vers le visage du dieu des abysses.

« Roaaar ! »

Il n’a même pas le temps de l’atteindre. Un simple hurlement le propulse à l’autre bout de la pièce, contre le mur.

« Tu n’as aucune personnalité. Tu n’es qu’un brouillard, flou, et dense. Tu n’es qu’un acide, érodant tous les liens qui nous soudent. Non. Tu n’es même pas ça. Tu n’es qu’un reflet, une image, une copie, de ceux qui t’entourent. Tu n’as rien de propre. Toi, tu n’es rien. »

« Hmpf. Et donc ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Me bannir du palais ? Ça tombe bien, je reste jamais derrière ces remparts, ils me rendent malades » répond sarcastiquement le garçon.

« Non, tu ne verras plus jamais ces murailles. A compter d’aujourd’hui, tu es à tout jamais banni de mon royaume. Tu es condamné à errer sans but à l’extérieur de la montagne pour toujours. » proclame alors Ryujin. Un léger trémolo se fait ressentir en prononçant ces paroles. « Va-t’en maintenant. »

A ces mots, les pupilles du jeune sire se dilatent. Banni ? Banni ? Qu'est-ce que cela signifie ? Il lui faut un certain temps avant de réaliser ce qui lui arrive. Et à ce moment, un aura d'un noir des plus profonds commence à émaner de lui. Ses poils se hérissent, ses griffes marquent le sol, ses crocs dépassent de sa gueule. Ryujin lui tourne le dos et se dirige vers une porte située derrière le trône. Uneie avance sa patte droite vers le roi. Il tourne la tête vers son fils.

« Va-t'en ! » La voix claire et puissante de Ryujin retentit dans tout le palais. Une onde psychique traverse toute la pièce et fend les coraux et les cristaux. L'expression sur son visage reflète la colère la plus forte qu'une personne puisse exprimer.

Le jeune homme à la fourrure dorée se retourne et sors de la salle, traînant avec lui son aura macabre.


« Tu as pris la bonne décision » s’exprime une puissante voix énigmatique derrière le trône d’argent.

« En es-tu vraiment sûr ? » répond Ryujin, dubitatif et inquiet.

« Nous lui avons mis toutes les cartes en main. Seul lui peut maintenant décider de sa vie »

« Puisse Lui lui accorder une chance »

« Aie confiance Ryujin, aie confiance, Il ne se trompe jamais »


Encore une fois, la tranquillité de la caverne est troublée. De quelques kilomètres au nord de Kessho, dans un repli sombre de la caverne, une atmosphère sombre émane. Seuls quelques cristaux çà et là permettent de distinguer les personnes rassemblés dans ce lieu, toutes collées les unes aux autres, faces contre terre, comme s’ils avaient…

« GROOOOOARRR ! »

L’antre s’illumine soudainement d’une puissante lumière jaune-orangée. Des flammes se propagent, chatouillant les parois, asséchant l’humidité ambiante. Puis, plus rien. Les flammes s’évanouissent, la lumière vive cède sa place à des tons plus sombres, l’antre s’éteint.

« Il croit qu’il peut se débarrasser de moi comme ça ? Moi, son fils ! Jamais je ne partirai d’ici ! » s’écrie le garçon au pelage jaune, empli de colère.

« Mais, qu’est-ce que tu comptes faire ? On ne peut pas s’opposer à lui, personne ne le peut, U– »

A ces mots, le jeune homme parlant s’arrêta. Devant lui se tenait le dit fils de Ryujin, ses yeux gris-noir brillaient d’une telle force qu’ils luisaient dans l’obscurité ambiante. Il agrippa le jeune garçon à terre, et le souleva. Tous les autres regardaient la scène, les yeux grands ouverts, le visage pâle et le corps tremblant. Un silence pesant assourdissait l’antre. Aucun bruit. Aucun. Pendant quelques secondes, le garçon de sang royal regarda la personne en face de lui dans les yeux. Ces secondes durèrent plusieurs minutes pour tous ceux qui étaient autour.

De la lumière, encore. Une gerbe de petites flammèches se propagea. Tout le monde fut abasourdi par ce qu’ils venaient de voir.

Le fils de Ryujin lâcha son comparse par terre. Aussitôt, les autres autour accoururent pour vérifier son état. Le garçon doré s’exprima alors :
« Nous allons attaquer Kessho. Regroupez-vous autour de moi, je vais vous expliquer le plan. »

Dans toute la grotte, une ambiance malveillante se fit sentir.

Faces contre terre, toutes collées les unes contre les autres, plusieurs personnes sont rassemblées dans un antre. On ne peut les distinguer, tous les cristaux se sont éteints. Une atmosphère sombre émane d'un petit coin de la caverne, situé quelques kilomètres au nord de Kessho, la plus grande ville de la grotte. La tranquillité de la caverne va être troublée.


Kessho, la ville aux cristaux. Le joyau de la grotte. C’était une grande ville, la plus grande de toute la grotte, célèbre pour ses illuminations. Une ville dynamique, où tout le monde s’affaire de jour comme de nuit. De par son emplacement stratégique entre les différents points de passages majeurs de la grotte, et sa proximité au palais de Ryujin, Kessho était un haut lieu de commerce, abritant des marchés important toute sorte de produits des quatre coins du monde extérieur, des bijoux, des épices, des pierres précieuses et tout ce qui pouvait s’acheter où se vendre se trouvait là-bas.

Mais bien plus que tout ça, le produit phare de Kessho était bien évidemment ses cristaux. Massivement utilisé dans l’architecture de la ville pour les bâtiments, l’éclairage, et toute construction dans laquelle on pouvait en caser, le cristal de Kessho était mondialement connu pour ses qualités esthétiques. Sa finesse, sa pureté, sa couleur, en faisait le matériau rêvé pour les artistes. Des pièces monumentales étaient utilisées par des sculpteurs pour ériger de gigantesques statues à la gloire d’un lointain souverain. Réduite en poudre, la poussière de Sendo était utilisée par les peintres afin de créer des mélanges de couleurs saisissants. Enfin, les bijoux taillés dans les cristaux s’arrachaient à prix d’or par tous.

Touristes, marchants, et artistes faisaient parfois plusieurs milliers de kilomètres pour ne serait-ce qu’avoir la chance de voir la capitale mondiale des arts, la ville-lumière, la cité sous la montagne.


Mais cette nuit, les cristaux étaient ternes. Comme à son habitude, malgré l’heure avancée, la ville était encore très active. Les gens vaquaient à leurs occupations, sans se soucier de ce qui se passait autour d’eux. Cependant, çà et là, quelques groupes de personnes discutaient de cette nuit anormalement sombre.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que celle-ci s’illumine.


En haut d’une colline adjacente, une horde de cristaux anthracite brille. Les cristaux se déplacent dans l’obscurité, comme des billes qui roulent le long d’une pente. Qui roulent. Qui roulent. Qui roulent.

Et la lumière jaillit.


C’est alors que, depuis le nord de la ville, un formidable mur de flammes jaillit soudainement. Sur son trajet se trouve l’allée principale de Kessho. Les passants, interloqués, se tournent alors en direction de cette nouvelle source de lumière. Leurs esprits se vident. Aboiements, rugissements, hurlements, grincements, toutes formes de cris se font entendre alors que la panique se propage. A cela se rajoute les bruits de pas des personnes se hâtant pour échapper aux flammes. Des gens tombent, d'autres pleurent. Tout le monde se bouscule dans un vacarme assourdissant. Ceux qui sont à terre sont piétinés. On n'aide pas les gens à se relever. Les enfants sont traînés par leurs parents. S'ils lâchent, alors ils seront lâchés. Les souvenirs d'une vie passé, d'une enfance heureuse tombent au sol, sans le moindre espoir d'être récupérés. Les étals sont laissés à l'abandon, peu importe si des appareils fonctionnent encore. Au milieu de cette masse, des enfants pleurent, mais personne ne pourra rien faire pour eux.

Au loin, des roues de feu transpercent le mur enflammé et se ruent sur les civils cherchant à fuir. Il ne leur faut que quelques secondes pour les rattraper et les mettre à terre. Quelques habitants, interloqués par les bruits, sortent de chez eux pour observer ce qui se passe dehors. Des crocs enflammés fondent sur eux sans crier gare. Ils n’ont même pas le temps de rentrer chez eux.

Au fur et à mesure que la nuit progresse, le bruit s’évapore, laissant place au son du silence. Kessho brille de mille feux. On cherche, on flaire, on traque ; des béliers enfoncent les rares bâtiments encore fermés. De courageux civils se défendant, les forces de l’ordre, la garde royale… Mais voilà le résultat. Le silence.

Seules des billes couleur anthracite bougent encore dans la ville désolée et incendiée.


Mais l’horreur n’est pas encore arrivée. Au loin, une silhouette blanche et bleu commence à apparaître, rasant l’horizon. Avec celle-ci, la Terreur. Dans son sillage, un galop se fait entendre. En quelques fractions de secondes, Terreur et Espoir s’abattent sur Kessho. C’est comme si la Lune se posait sur la ville, entraînant avec elle des marées et des tempêtes destructrices. La pluie danse au-dessus des ruines, éteignant rapidement les flammes qui embrasaient la cité.

Avant même de pouvoir réfléchir, les billes se trouvent complètement piégées par un feu infernal. Il en faudrait bien plus pour venir à bout d’eux !, pensent-ils, confiant. Et bien plus il y eu. Aussitôt sortis du piège de flammes, un véritable boutefeu d’une puissance inédite entraîne une formidable déflagration dont la cible ne fait aucun doute. Une Furie s’abat sur eux. Sa rapidité est telle qu’aucun n’arrive à la suivre, n’apercevant que la myriade d’étincelles ardentes laissées au passage de sa crinière de feu. Elle ne prend pas la peine d’apparaître à leurs yeux.


A l’écart de ce groupe, l’œil du cyclone. La calme avant la tempête.

« Alors vous êtes venus » s’exprime l’enfant au pelage jaune.

Mais il n’obtint pour seule réponse que le plissement des yeux noirs de son interlocuteur. L’air ambiant s’humidifie au fur et à mesure que la tension grandit. Le vent souffle de plus en plus fort, comme attiré par le roi sous la montagne. Il tourbillonne autour de lui. De plus en plus fort. De plus en plus vite. Ses immenses pouvoirs psychiques écrasent l’atmosphère environnante. Aucune personne normale ne pourrait se tenir encore debout face à tant de pression.

Mais ce garçon le pouvait. Bien au contraire d’être apeuré ou terrifié face à ce colosse de plus de cinq mètres, la rage grandissait en lui. Ses griffes étaient si aiguisées qu’elles rayeraient du diamant, ses canines suffisamment pointues pour transpercer les armures les plus solides. Et son regard. Accumulant en lui toute la haine qu’il avait, ses pupilles étaient réduites à deux minuscules points gris foncés. Sa fourrure se hérissait sur l’ensemble de son corps, de la queue au visage. Son corps se préparait à recevoir les chocs les plus violents de toute sa vie.

La Lune et son fils. Un calme comme la nuit au dehors. Un calme des plus tranquilles. Un calme des plus paisibles, comme la ville autour.

« Réponds-m… ! »

Avant même qu’il n’ait pu finir sa phrase, un puissant vortex d’air est violemment propulsé vers Uneie. Il se fait heurter de plein fouet et traverse une, deux, quatre maisons qui étaient encore restées debout avant de s’écraser contre le mur d’une cinquième.
Personne ne bat le roi sous la montagne.


Sauf peut-être son fils, qui se relève tant bien que mal du choc. Aussitôt remis sur pattes, Uneie se hâte le plus vite possible vers son père afin de le prendre par surprise, mais Ryujin est plus rapide et violent que le grain blanc. Il ne laisse pas le temps à son fils de se placer et d’un large battement d’ailes produit un cyclone d’une force inouïe, qui l'envoie de nouveau valser dans les airs. Le jeune garçon en profite pour s’entourer d’électricité et se propulser vers le roi, qui ne peut esquiver le coup. Une fois au contact, il ouvre grand sa mâchoire et plante directement ses crocs dans le dos de Ryujin. On entend le roi gémir. Un cri si horrible qu’il tourmente à jamais la mémoire de ceux qui l’écoute. Il plante ses crocs autant de fois qu’il le peu.

Mais Uneie est naïf. Il en faut bien plus pour venir à bout du roi des abysses. Son assurance n’est en rien entamée. D’un agile mouvement, il se débarrasse du misérable lâche qui attaque son dos et le renvoie à terre. Il se pose sur le sol pour soigner ses plaies et en profite pour charger directement Uneie. Celui-ci essaye désespérément de surchauffer l’air environnent pour ralentir Ryujin, mais rien n’y fait. On ne peut arrêter le roi aussi facilement. Alors qu’il arrive au contact, Uneie baisse sa garde afin de d’attaquer son père de toutes ses forces. Grave erreur. Ryujin s’élève soudainement en l’air, esquive l’attaque de son fils et lui envoie un rayon gelé à bout touchant.

C’est fini. Uneie est instantanément paralysé par la glace. Le roi prend le bloc de glace dans sa gueule, et le jette haut en l’air. Il lève la tête vers le bloc contenant son fils, et attend que celui-ci retombe. Il charge de l’énergie autour de sa gueule. Le bloc tombe. Il continue à se charger. Le bloc continue de tomber. Une fois arrivé presqu’au contact de son père, Uneie s’extirpe de la glace, et dans une dernière tentative, déchaîne sa colère sur le roi. Le bloc de glace aurait peut-être pu le protéger un petit peu.

Un puissant rayon d’énergie sort de la gueule de Ryujin en ligne droite, atteignant directement son fils. Le rayon est si fort qu’il englobe intégralement le jeune sire. Il est si violent qu’il poursuit sa course jusqu’aux parois de la grotte. Il les transperce sans le moindre problème. Le rayon d’énergie est si monumental qu’il ouvre une paroi dans la montagne. Uneie quant à lui a été éjecté en chemin. Il s’est écrasé contre l’une des colonnes de la grotte. Après avoir repris ses esprits, il regarde autour de lui. Au loin, bien loin, très loin, deux petites billes noires le scrutent.

C’est la Terreur qui l’observe.

La Terreur.


Une fois encore, la fourrure d’Uneie se hérisse. Mais ce n’est pas de la colère. C’est de la terreur. Celle qu’on ressent lorsqu’on voit ce qui peut mettre fin à nos jours. Celle qu’on perçoit seulement lorsqu’Elle est là, directement sous nos yeux. Celle qu’on observe uniquement lorsqu’il est trop tard.

Ses pattes se mettent à bouger d’elles-mêmes. Son corps se retourne, mais sa tête reste fixée sur les billes sombres au loin. Alors qu’il se dirige vers la sortie de la grotte, un puissant cri se fait entendre, résonnant dans toute la grotte. On ne peut discerner d’où il provient. D’en haut ? D’en bas ? De l’autre côté de la grotte ? Ou alors, de juste derrière ses oreilles ?

Deux gigantesques billes noires le fixe, obstruant tout le champ de vision. Prêtes à s’abattre sur lui à tout instant. Juste au-dessus de sa tête.


L’extérieur de la grotte est baignée par la lueur de la lune. Au moins, celle-ci est inoffensive. Le monde serait bien sombre sans cette source de lumière.

Des tâches vertes et marron viennent obstruer son passage, mais on discerne quand même le ciel étoilé derrière elles. Au-dessus, c’est la pleine lune. Légèrement à sa droite, Spica se remarque difficilement, tant la lumière de l’astre rayonne. Le soleil de la nuit illumine le monde de sa douce et mystérieuse lumière. A cette période de l’année, les premières étoiles de la constellation du Bélier commencent à apparaître dans le ciel lorsque le soleil se lève. Le Shunbun, la journée où la nuit laisse la place au jour.

Les cèdres centenaires de la forêt donnent un aspect sacré à la scène. Un temple à l’atmosphère paisible, à l’ambiance tranquillisante, seulement perturbé de temps en temps par le souffle du vent dans les feuilles. Leurs troncs si massifs retiennent la terre, ralentissent et affaiblissent les catastrophes. Ils servent de lieux de rencontre et de vie pour de nombreuses personnes. D’ailleurs, tout le monde dort paisiblement sur leurs branches ou entre leurs feuilles. La Lune et la Terreur sont loin derrière, ils n’appartiennent pas à ce monde.

Ici, seule une confortable lumière blanchâtre brille dans le ciel.


« Tu comptes observer les étoiles encore longtemps ? » dit une voix puissante juste derrière le jeune garçon, sursautant à cause de la surprise.

« Qui… Qui êtes-vous ? » répond-il en se retournant d’un seul bloc. Mais il ne voit personne devant lui, juste l’antre sombre de la grotte.

« En haut. » énonce la voix inconnue.

Levant la tête, le jeune garçon à la fourrure dorée aperçoit finalement celui qui lui parle. Se tenant sur un nuage, une personne colossale à la peau orangée se dresse au-dessus de lui. Il n’est pas spécialement grand, mais sa carrure est imposante. Sur sa peau, des petites tâches plus foncées dessinent des symboles, dont certains ressemblent à des magatamas. Son visage est plutôt triangulaire, avec une moustache blanche pointue constituée de quatre épis orientés vers le bas, de deux yeux jaune à l’iris blanche, et de trois cornes au sommet de son crâne. A l’arrière de celui-ci se trouve une sorte de maillet blanc encore plus grand que sa tête. De son nuage sort une queue marron massive, avec des plaques circulaires rouge çà et là.

« Je suis Inari. Mais c’est très mal élevé de demander à quelqu’un son identité sans se présenter soi-même. »

Inari. Inari ? Ce nom lui évoque étrangement quelque chose, comme s’il l’avait déjà entendu auparavant. Au palais peut-être ?

« Je m’appelle U– » commence le jeune garçon, alors qu’il reprend soudainement ses esprits, et la personnalité haineuse qui va avec. « Ça ne te regarde pas ! » termine-t-il d’une voix forte mais chevrotante.

« Oh, ce regard. » répond Inari, complètement flegmatique. « Enfin, ce n’est pas grave, je sais déjà qui tu es. »

« Comment ? »

Ignorant complètement la remarque du jeune garçon maintenant déboussolé, Inari continue de dire de sa voix puissante : « Tu ne m’as pas l’air d’avoir envie de retourner dans cette montagne de sitôt. »

« En quoi ça te regarde ? Je fais ce que je veux. »

« Ah ? Toi qui a toujours été habitué à être nourri et à vivre une vie aisée, tu peux me dire comment tu vas te débrouiller tout seul dans le monde extérieur ? » répond Inari, toujours flegmatique.

« Je saurais me débrouiller ! »

« Ici ce n’est pas la ville, il n’y a pas de civils. Tout le monde sait se battre, et si tu t’en prends à une seule personne, tout le monde te tombera dessus. »

« Va-t’en ! » réplique le jeune garçon, commençant à montrer les crocs.

« Soit. Je m’en vais. Il y a une ville au sud-ouest d’ici à environ six heures de marche. Elle s’appelle Enju. C’est une ville assez grande, reconnaissable à ses sophoras et sa teinte rouge profonde. Je te conseille d’y aller, parce qu’ici, tu ne feras pas… long feu. » visiblement satisfait de son jeu de mots, Inari s’élève dans les cieux et s’en va en direction de l’est.

Uneie lance une gerbe de flammes à sa poursuite, avec ces mêmes yeux remplis de susceptibilité, mais comme tout le reste, ce n’est d’aucun effet sur Inari, qui n’y prête même pas attention.


Grommelant à voix basse, il se retourne pour faire dos à la montagne. Le choix est vite pris, le seul chemin praticable se dirige vers le sud-ouest.

Et ainsi il commence à s’avancer sur la route faisant dos à la lune.

Derrière lui, la montagne se fait de plus en plus petite.
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Metazenithian
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » mar. 22 mars 2016, 00:52

Et donc voici sans plus tarder le " prologue " de l'histoire :

Kyoride wa Yama Partie 1.1 :
Au loin, une montagne.

Majestueuse gardienne de la route menant de la terre aux cieux, elle trône sur l’horizon, géante parmi les montagnes, tel un colosse inébranlable.
Faisant face à la mer, ses abruptes falaises résistent sans ciller aux vagues dévastatrices de Kuraokami.
En son sein, des grottes, des cavernes, des gouffres se creusent, abritant moult formes de vie.

Et l’eau perce à travers des failles sous-marines. Et elle cymbale la surface de l’eau. Elle tambourine les roches des parois. Elle s’abat contre le sol de la caverne. Et les murs timbalent, balayés au passage. Et les bâtons de pluie tournent dans tous les sens.

Et le vent souffle au sommet de la montagne. Et il s’y engouffre en passant dans les creux. Sur les parois, l’air glisse, effleurant la roche. Les affleurements le fendent sur le passage, comme les biseaux font siffler un courant d’air. Des courants ascendants remontent les tuyaux et traversent les ouvertures des parois. Les feuilles sont des anches au passage de l’air.

Et le soleil se lève. Par les failles et les creux, sa lumière pénètre les cavernes. Elle frappe les parois, les éclaire, se réfléchit et poursuit sa course de paroi en paroi. Sur son passage des pierres, des minéraux réagissent, renvoient des lumières colorées jaune, verte, violette, bleu, rose. Et tout l’arc-en-ciel y passe. Et toute la grotte s’illumine, comme si elle était sertie de vitraux colorés.
Oui, je sais, c'est court, mais, c'est juste une scène d'exposition, et puis, vous n'auriez pas digéré les 6 pages d'un coup x) (de toutes façons il me manque encore un bout à terminer ^^ )
(Et l'impossibilité de faire des alinéas me donne une forte envie de vomir des yeux, je préfère donc y aller doucement pour les garder intacts)

Donc c'est tout pour aujourd'hui, à la prochaine pour un autre fragment d'histoire ;) !
Bonne lecture ;)

Et on se retrouve pour une nouvelle partie de l'histoire, les choses commencent à bouger un peu plus ^^
Bonne lecture ;)

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Kyoride wa Yama Partie 1.2 :
Au centre de la montagne, entre terre et mer, une gigantesque grotte. Où que son regard se porte, il n’arrive pas à en voir les bords. Devant lui, une forêt, profonde, sombre. Il se promène tranquillement à l’orée de cette forêt. Soudain, un bruit. On s’approche.

Tout s’accélère brusquement. Il se rue dans la forêt. Au loin, il sent l’ennemi arriver. Derrière ? Devant ? Sur les flancs peut-être ? Le bruit assourdissant des pas fait écho tout autour de lui. Peu importe. Le danger est quand même là, quelque part.

Ils sont là. Quelque part. Le bruit environnant grandit. A gauche, à droite, là-bas, là. Ici ? Partout. Partout les pas font vibrer le sol. La forêt est trop sombre pour y voir. La lumière de la lisière en face est la seule lanterne.

La lumière, les pas, tout se rapproche. Il court. De plus en plus vite. Eux aussi. Leurs pas font trembler le sol. Il tremble. Ils courent encore plus vite. Il fond en larmes. Ils fondent sur lui.

Là ! La lumière grandit devant. La fin est proche. Il espère. Eux aussi.


De la forêt, une silhouette surgit. Un animal à la fourrure brune, ses bois en demi-lune avec une petite sphère à la base s’extirpe, apeuré. La plaine est là, devant lui, la forêt, derrière. Il s’arrête, se retourne, et prend le temps d’écouter s’ils le suivent toujours.

Une, deux, quatre, neuf, douze. Douze silhouettes surgissent à leur tour de la forêt. Ils sont comme une masse difforme de fourrure orange rayée noir. Ils l’encerclent. Leur regard est chargé d’agressivité. Certains ouvrent grandes leur gueules, d’autres montrent leurs griffent. Ils attendent un signal. L’un d’entre eux bondit sur lui. Il est différent des autres. Les autres le suive. Il se recroqueville à terre. Il se jette sur lui. Ils se jettent sur lui.

Rien. Plus rien ne bouge. Plus aucun bruit, seulement le couinement de la personne à terre. Les autres sont restés figés en l’air dans une sorte d’aura violette. Ils sont alors violemment projetés contre les arbres de la forêt et s’enfuient. Sauf un, il est différent des autres, sa fourrure n’est pas orange mais jaune or. Il est reposé à terre doucement.

« Ruka ! Hapi ! Allez aider Odoshishi. », lance fermement une voix métallique au loin. Deux personnes courent alors en direction de la personne à terre. L’un a un pelage bleu foncé, laissant par endroit apparaître sa peau noire. Sur son torse et l’arrière de ses mains, des pointes métalliques sortent de son corps. L’autre a une peau rose et blanche, et une poche sur le ventre. Son corps a la forme d’œuf, et sa peau forme comme des froufrous au niveau de sa taille.

La personne à la fourrure jaune s’éloigne d’Odoshishi. Derrière lui, Ruka et Hapi s’affairent à s’enquérir de l’état de la personne à terre. Il avance droit devant lui, vers là où la voix métallique s’est faite entendre. Un reflet de lumière trahit la présence de quelqu’un. Son corps est constitué d’un métal gris foncé. Il ne possède pas de jambes et il flotte dans les airs. Ses bras sont deux cylindres de métal, il n’a pas de mains, seules trois griffes sortent du bout des bras. Son regard est froid et vide, mais on ressent un certain agacement émanant de lui.

« Alors Kinzoku, on est arrivé à temps ? » s’exprime la personne au pelage jaune.

« Sire, nous rentrons » donne pour toute réponse la personne flottante, Kinzoku. Avant de partir, il demande à Ruka et Hapi de raccompagner Odoshishi au village et assure à ce dernier qu’il sera nourri et logé aux frais du roi Ryujin pendant les prochains mois, en compensation.
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J'édite pour ne pas triple-poster.

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Kyoride wa Yama Partie 1.3 :

Après au moins une heure de marche, le jeune sire et Kinzoku, quoique ce dernier ne marche pas mais flotte au-dessus du sol, arrivent devant une gigantesque muraille s’étalant à perte de vue. Elle englobe un complexe d’édifices situés sur une stalagmite au centre de la grotte. La stalactite centrale vient effleurer une statue représentant un phénix sur le toit du bâtiment le plus haut.

Les murailles, si hautes que personne ne saurait en atteindre la moitié, sont faites d’une pierre faiblement tintée d’un bleu profond et de minerais envoyant une puissante lumière rose pâle. La porte, aux dimensions de l’édifice est faite d’un bois sombre cerclé de minerai rose. Elle est sculptée d’un haut-relief représentant une personne aux ailes écartées, avec des vagues s’éloignant de lui. Tous les contours des reliefs sont faits de minerai rose.

« Kinzoku ? Pourquoi tu m’as ramené ? Tu m’as même pas fait la morale » aboie-t-il au gouverneur.

« Votre père veut vous parler, Sire. » répond sèchement Kinzoku


La colossale porte s’ouvre, laissant apparaître plusieurs bâtiments derrière elle. La voie centrale continue droit devant, grimpant la stalagmite vers ce qui est le bâtiment le plus important, le palais de Ryujin. A droite et à gauche, plusieurs bâtiments sont bondés de gens en plein travail. Sur le passage du jeune sire, les groupes de personnes deviennent silencieuses et commencent à chuchoter une fois passé derrière lui.

En se rapprochant du palais, le petit groupe passe un torii en bois et entrent dans un autel dédié à Kuraokami, passage obligé sur le trajet.

Finalement, ils arrivent devant le palais.


Le palais. Érigé contre une colonne de pierre montant du sol au sommet de la grotte, il est la marque de la suprématie de Ryujin, roi sous la montagne, dieu des abysses. Tout ce qui se passe dans la caverne y est visible. Rien ne lui échappe.

Ses gigantesques murs sont intégralement faits à partir de coraux rouges et blancs éclatants et tous les piliers et les colonnes sont sculptés dans du cristal bleu et rose. Une saison est représentée sur chacun des quatre côté du palais.

A l’est, c’est le printemps qui fleuri sur les murs, et les cerisiers également, avec leur couleur rose pâle sur le fond cyan. Il fourmille de petits détails qui à la lumière du matin semblent le faire bouger entre les deux colonnes de cristal l’encadrant. Sa délicate douceur demeure intouchée et réchauffe les cœurs ; tout comme l’eau des mares à ses pieds. De nombreuses personnes vivent là ; des petites – pas plus de trente centimètres – , orange et bleu pâles avec une rectrice divisée en deux, ou rouge et bleu foncés, avec le ventre blanc et deux rectrices , se posent de temps à autres sur les branches des abricotiers en fleur et gazouillent mélodieusement. Dans les mares délicatement brumeuses – leur donnant cet aspect si mystérieux et pourtant si paisible – habitent d’autres personnes à la peau verte et jaune, et aux joues roses fluorescentes.

Au nord, c’est l’hiver. Le froid. La neige. La glace. Les murs prennent une teinte noire pâle, contrastée par l’épaisse couche neigeuse lui faisant face. Un lit de feuilles tombées des arbres dénudés s’y repose, desséchées par la froideur du lieu. Dans les rares étendues d’eau qui ne sont pas gelées, on peut apercevoir çà et là des personnes rondes, jaunes et vertes, et entièrement recouvertes de dards. De temps en temps, ils gonflent leur corps afin de se protéger de leur environnement. Aucune autre forme de vie n’y est distinguable. Les personnes qui passent là ne peuvent rien faire d’autre que regarder la neige. Encore et encore. Inlassablement.

A l’ouest, l’automne arrive, apportant avec lui le tonnerre, les typhons et les feuilles qui commencent à tomber. Depuis toute la façade ouest, une ouverture vers la surface dans les parois de la grotte permet d’admirer la lune et la rivière dans les cieux. La lumière se reflète sur la blancheur éclatante du mur, subtilement teinté vers sa base par toute sorte de fruits s’y frottant. Ce sont des poires, des coings, des pêches, des kakis, des pommes ou des raisins ; chacun venant apporter sa petite touche de couleur au paysage. La vie n’est pas en reste et se compose ici de personnes assez petites – entre trente centimètres et un mètre – contemplant paisiblement les feuilles changeant de couleur et brillant, sur les arbres et par terre. La plupart produisent des sons mélodieux en frottant leurs antennes, ou leurs bras sur leur torse, transmettant ainsi leurs émotions par la musique.

Et finalement, au sud, l’été. La saison de Ryujin. La saison des pluies et des tempêtes. La façade transpire d’un rouge écarlate contrastant avec la roche grise qu’on peut apercevoir en fond derrière le palais. De la glycine court sur sa surface, de nombreuses grappes de fleurs violettes et blanches pendant des tiges, adoucissant légèrement la puissance visuelle du mur. Par terre, des iris recouvrent tout le sol et amène une touche de blanc avec des pointes d’indigo à la scène. Enfin, quelques bigaradiers poussent et ombragent le jardin, permettant à ces habitants de se reposer sous ses fleurs blanches. Justement, ceux-ci apprécient la chaleur mais pas la lumière du soleil. Les nymphes vivent sous terre et se servent de leurs pattes pour creuser des galeries, et de leurs antennes pour se repérer. Lorsqu’elles sont prêtes, elles se dirigent vers la surface afin de muer. Une fois celle-ci achevées, elles se fixent sur les troncs des arbres et chantent pendant toute leur vie. Lorsqu’ils se déplacent, ils sont si rapides qu’il est impossible de les suivre, seul leur cri strident permet de les retrouver. Certaines légendes racontent que les mues laissées à l’abandon prennent vie et volent les âmes de ceux qui regardent à l’intérieur.

Au milieu de cette nature, un chemin en pierres colossales rouges et blanches conduit jusqu’à l’entrée du palais. Sur la gigantesque porte en bois est érigée un haut relief de Ryujin réalisé en cristal bleu transparent. C’est par là que tout le monde rentre dans le palais, surtout ceux ayant des actes à se reprocher.

Le duo arrive finalement devant la pièce du trône après être passé par un dédale de salles toutes plus impressionnantes les unes que les autres.
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Je ré-édite pour ne pas triple poster ^^

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Kyoride wa Yama Partie 1.4 :
« Kinzoku, tu peux disposer, laisse nous » lance une voix féminine, sans qu’on puisse déterminer d’où elle provient.

« Bien Dame Kamiremasu » répond Kinzoku, s’éclipsant dans une des ailes du palais.

Le jeune sire s’avance de quelques pas, hésitant.

« Pourquoi ? » demande la reine, toujours invisible.

« Mère… ? »

« Pourquoi ? » reprend Kamiremasu. « Pourquoi fais-tu ça ? »

Un puissant hennissement se fait entendre. Il tourne la tête dans tous les sens, cherchant sa mère du regard. Finalement, il baisse sa tête vers ses pattes avant et le sol, considérant que c’est le meilleur moyen d’éviter sa colère.

« Va, ton père t’attend. » termine Kamiremasu, sa voix disparaissant dans les profondeurs du palais.

La tête toujours baissée, Il s’approche de la porte centrale. C’est là, derrière cette colossale porte que préside Ryujin, grand maître des abysses. La porte est faite de minerais rouge et blanc cerclée de bois sombre et parée de cristal rose représentant Ryujin dominant la mer.


La salle derrière est très vaste, le chemin central est fait de bandes de minerai rouge et blanc, la colonnade est en cristal, et au fond de la pièce, le trône, fait d’argent et de cristal rose surplombe le reste de l’espace. Le plafond est si haut qu’on ne le distingue pas. Les lumières proviennent des colonnes et des minerais au sol. Le trône, richement sculpté, est lui aussi éclairé depuis le sol, par une lumière à la fois puissante et mystérieuse.

Sur ce trône siège Ryujin, dieu de la mer. Du haut de son long cou, sa tête surplombe le petit être venu subir son courroux. Ses ailes gigantesques embrassent jusqu’aux colonnades de la pièce. Ses yeux sombres luisent dans la pénombre environnante. Tous peinent à distinguer sa silhouette, mais d’aucuns ne doutent de sa puissance. Son simple regard suffit à intimider quiconque l’observe. Ses pattes sont si puissantes qu’elles enfoncent le sol lorsqu’il marche. Un simple battement de ses ailes cause des tempêtes interminables. Ses ailerons bleu se hérissent sur son corps blanc. Ses simples respirations suffisent à semer la crainte à ceux qui se présentent à lui.

Et à peine entré, un grognement se fait déjà entendre.
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Et voici encore une nouvelle partie de l'histoire ^^

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Kyoride wa Yama Partie 1.5 :
« Qui es-tu ? » commence Ryujin.

« Oui. Qui es-tu ? Tu n’es rien. Tu n’es qu’un lâche. Tu amènes ici tous les maléfices. Tu t’entoures d’une bande de vauriens, mais sans eux, c’est toi qui n’es rien. Tu ne t’en prends qu’à de faibles civils, parce que tu es trop peureux pour t’en prendre à des personnes qui peuvent te répondre. Tu n’es rien. »

Jusqu’à présent subissant la colère de son père la tête basse, le garçon au pelage jaune rayé noir se relève. Ses yeux commencent à s’emplir de colère. Ses poils se hérissent sur tout son corps. Il baisse son corps, se prépare à bondir. Ses yeux sont pleins de haine. Alors que Ryujin s’approche de lui, Uneie s’élance vers le visage du dieu des abysses.

« Roaaar ! »

Il n’a même pas le temps de l’atteindre. Un simple hurlement le propulse à l’autre bout de la pièce, contre le mur.

« Tu n’as aucune personnalité. Tu n’es qu’un brouillard, flou, et dense. Tu n’es qu’un acide, érodant tous les liens qui nous soudent. Non. Tu n’es même pas ça. Tu n’es qu’un reflet, une image, une copie, de ceux qui t’entourent. Tu n’as rien de propre. Toi, tu n’es rien. »

« Hmpf. Et donc ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Me bannir du palais ? Ça tombe bien, je reste jamais derrière ces remparts, ils me rendent malades » répond sarcastiquement le garçon.

« Non, tu ne verras plus jamais ces murailles. A compter d’aujourd’hui, tu es à tout jamais banni de mon royaume. Tu es condamné à errer sans but à l’extérieur de la montagne pour toujours. » proclame alors Ryujin. Un léger trémolo se fait ressentir en prononçant ces paroles. « Va-t’en maintenant. »

A ces mots, les pupilles du jeune sire se dilatent. Banni ? Banni ? Qu'est-ce que cela signifie ? Il lui faut un certain temps avant de réaliser ce qui lui arrive. Et à ce moment, un aura d'un noir des plus profonds commence à émaner de lui. Ses poils se hérissent, ses griffes marquent le sol, ses crocs dépassent de sa gueule. Ryujin lui tourne le dos et se dirige vers une porte située derrière le trône. Uneie avance sa patte droite vers le roi. Il tourne la tête vers son fils.

« Va-t'en ! » La voix claire et puissante de Ryujin retentit dans tout le palais. Une onde psychique traverse toute la pièce et fend les coraux et les cristaux. L'expression sur son visage reflète la colère la plus forte qu'une personne puisse exprimer.

Le jeune homme à la fourrure dorée se retourne et sors de la salle, traînant avec lui son aura macabre.
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J'ai transféré les anciennes parties dans le post initial, afin d'éviter les triples post.
[Edit] : Ouaip, et j'ai fait machine arrière ensuite :^^:
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Kyoride wa Yama Partie 1.6 :
« Tu as pris la bonne décision » s’exprime une puissante voix énigmatique derrière le trône d’argent.

« En es-tu vraiment sûr ? » répond Ryujin, dubitatif et inquiet.

« Nous lui avons mis toutes les cartes en main. Seul lui peut maintenant décider de sa vie »

« Puisse Lui lui accorder une chance »

« Aie confiance Ryujin, aie confiance, Il ne se trompe jamais »
Encore une fois, la tranquillité de la caverne est troublée. De quelques kilomètres au nord de Kessho, dans un repli sombre de la caverne, une atmosphère sombre émane. Seuls quelques cristaux çà et là permettent de distinguer les personnes rassemblés dans ce lieu, toutes collées les unes aux autres, faces contre terre, comme s’ils avaient…

« GROOOOOARRR ! »

L’antre s’illumine soudainement d’une puissante lumière jaune-orangée. Des flammes se propagent, chatouillant les parois, asséchant l’humidité ambiante. Puis, plus rien. Les flammes s’évanouissent, la lumière vive cède sa place à des tons plus sombres, l’antre s’éteint.

« Il croit qu’il peut se débarrasser de moi comme ça ? Moi, son fils ! Jamais je ne partirai d’ici ! » s’écrie le garçon au pelage jaune, empli de colère.

« Mais, qu’est-ce que tu comptes faire ? On ne peut pas s’opposer à lui, personne ne le peut, U– »

A ces mots, le jeune homme parlant s’arrêta. Devant lui se tenait le dit fils de Ryujin, ses yeux gris-noir brillaient d’une telle force qu’ils luisaient dans l’obscurité ambiante. Il agrippa le jeune garçon à terre, et le souleva. Tous les autres regardaient la scène, les yeux grands ouverts, le visage pâle et le corps tremblant. Un silence pesant assourdissait l’antre. Aucun bruit. Aucun. Pendant quelques secondes, le garçon de sang royal regarda la personne en face de lui dans les yeux. Ces secondes durèrent plusieurs minutes pour tous ceux qui étaient autour.

De la lumière, encore. Une gerbe de petites flammèches se propagea. Tout le monde fut abasourdi par ce qu’ils venaient de voir.

Le fils de Ryujin lâcha son comparse par terre. Aussitôt, les autres autour accoururent pour vérifier son état. Le garçon doré s’exprima alors :
« Nous allons attaquer Kessho. Regroupez-vous autour de moi, je vais vous expliquer le plan. »

Dans toute la grotte, une ambiance malveillante se fit sentir.

Faces contre terre, toutes collées les unes contre les autres, plusieurs personnes sont rassemblées dans un antre. On ne peut les distinguer, tous les cristaux se sont éteints. Une atmosphère sombre émane d'un petit coin de la caverne, situé quelques kilomètres au nord de Kessho, la plus grande ville de la grotte. La tranquillité de la caverne va être troublée.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Colrin » lun. 28 mars 2016, 22:43

Je commente pour t'éviter les triples-posts '^'
Nan serieusement, j'adore ta fic, mais le problème c'est que je suis très mauvais pour commenter. Ça m'attriste un peu de ne pas voir de commentaire, donc je te signale juste que tu as au moins un lecteur :)
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par monocram » lun. 28 mars 2016, 23:06

Je lis aussi et depuis la publication du premier chapitre. Je n'écris pas de commentaires car j'attends un 'je-ne-sais-quoi ', un genre de déclic qui me pousserait à parler.

J'aime bien cette fiction mais je ne l'aime pas à la fois. C'est un étrange sentiment. Il me faut voir plus.
Une analyse serait inutile au niveau où nous nous trouvons.

J'attends donc, continuant à tirer les fils de mes marionnettes dans l'ombre.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » lun. 28 mars 2016, 23:08

Merci :^^:

Tu sais, tout est bon à prendre comme commentaire, que ce soit une analyse réelle aussi bien que simplement partager ton ressenti ^^ . D'ailleurs, c'est très important pour moi de savoir ce que les lecteurs ressentent en lisant tel ou tel passage, c'est ça qui me permet (entre autres) d'ajuster mes écrits et de m'améliorer.
Aussi, je sais que j'ai tendance à laisser beaucoup d'infos en sous-texte, ou à laisser planer des ambiguïtés ; parfois c'est fait exprès (notamment l'ambiguïté principale de l'histoire, si tu l'as remarquée) et parfois... pas, c'est juste que j'ai pas fait gaffe ^^" . Je sais aussi que j'ai tendance à utiliser des fois des mots assez précis, ou à faire des descriptions assez poussées, donc si un mot/une scène n'est pas bien comprise, il ne faut pas hésiter à le dire.
Parce que oui, même les descriptions ne sont majoritairement pas laissées au hasard ;)

D'ailleurs, vous pouvez essayer de traquer toutes les références et informations cachées en sous-texte, ça vous permettrait peut-être de voir l'histoire différemment :D

En tout cas, merci de lire la fic ;)

[Edit] : et merci également monocram, j'écrivais ce message quand tu as publié le tien ^^" Mais j'aimerais en savoir plus sur ce qui te fais aimer la fic et ce qui te fait ne pas l'aimer ;)
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » mar. 29 mars 2016, 23:45

Et voici donc venir le temps des cathédrales nouveau chapitre.

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 1.7 :
Kessho, la ville aux cristaux. Le joyau de la grotte. C’était une grande ville, la plus grande de toute la grotte, célèbre pour ses illuminations. Une ville dynamique, où tout le monde s’affaire de jour comme de nuit. De par son emplacement stratégique entre les différents points de passages majeurs de la grotte, et sa proximité au palais de Ryujin, Kessho était un haut lieu de commerce, abritant des marchés important toute sorte de produits des quatre coins du monde extérieur, des bijoux, des épices, des pierres précieuses et tout ce qui pouvait s’acheter où se vendre se trouvait là-bas.

Mais bien plus que tout ça, le produit phare de Kessho était bien évidemment ses cristaux. Massivement utilisé dans l’architecture de la ville pour les bâtiments, l’éclairage, et toute construction dans laquelle on pouvait en caser, le cristal de Kessho était mondialement connu pour ses qualités esthétiques. Sa finesse, sa pureté, sa couleur, en faisait le matériau rêvé pour les artistes. Des pièces monumentales étaient utilisées par des sculpteurs pour ériger de gigantesques statues à la gloire d’un lointain souverain. Réduite en poudre, la poussière de Sendo était utilisée par les peintres afin de créer des mélanges de couleurs saisissants. Enfin, les bijoux taillés dans les cristaux s’arrachaient à prix d’or par tous.

Touristes, marchants, et artistes faisaient parfois plusieurs milliers de kilomètres pour ne serait-ce qu’avoir la chance de voir la capitale mondiale des arts, la ville-lumière, la cité sous la montagne.


Mais cette nuit, les cristaux étaient ternes. Comme à son habitude, malgré l’heure avancée, la ville était encore très active. Les gens vaquaient à leurs occupations, sans se soucier de ce qui se passait autour d’eux. Cependant, çà et là, quelques groupes de personnes discutaient de cette nuit anormalement sombre.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que celle-ci s’illumine.


En haut d’une colline adjacente, une horde de cristaux anthracite brille. Les cristaux se déplacent dans l’obscurité, comme des billes qui roulent le long d’une pente. Qui roulent. Qui roulent. Qui roulent.

Et la lumière jaillit.


C’est alors que, depuis le nord de la ville, un formidable mur de flammes jaillit soudainement. Sur son trajet se trouve l’allée principale de Kessho. Les passants, interloqués, se tournent alors en direction de cette nouvelle source de lumière. Leurs esprits se vident. Aboiements, rugissements, hurlements, grincements, toutes formes de cris se font entendre alors que la panique se propage. A cela se rajoute les bruits de pas des personnes se hâtant pour échapper aux flammes. Des gens tombent, d'autres pleurent. Tout le monde se bouscule dans un vacarme assourdissant. Ceux qui sont à terre sont piétinés. On n'aide pas les gens à se relever. Les enfants sont traînés par leurs parents. S'ils lâchent, alors ils seront lâchés. Les souvenirs d'une vie passé, d'une enfance heureuse tombent au sol, sans le moindre espoir d'être récupérés. Les étals sont laissés à l'abandon, peu importe si des appareils fonctionnent encore. Au milieu de cette masse, des enfants pleurent, mais personne ne pourra rien faire pour eux.

Au loin, des roues de feu transpercent le mur enflammé et se ruent sur les civils cherchant à fuir. Il ne leur faut que quelques secondes pour les rattraper et les mettre à terre. Quelques habitants, interloqués par les bruits, sortent de chez eux pour observer ce qui se passe dehors. Des crocs enflammés fondent sur eux sans crier gare. Ils n’ont même pas le temps de rentrer chez eux.

Au fur et à mesure que la nuit progresse, le bruit s’évapore, laissant place au son du silence. Kessho brille de mille feux. On cherche, on flaire, on traque ; des béliers enfoncent les rares bâtiments encore fermés. De courageux civils se défendant, les forces de l’ordre, la garde royale… Mais voilà le résultat. Le silence.

Seules des billes couleur anthracite bougent encore dans la ville désolée et incendiée.
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Nouveau jour, nouveau chapitre ^^

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 1.8 :
Mais l’horreur n’est pas encore arrivée. Au loin, une silhouette blanche et bleu commence à apparaître, rasant l’horizon. Avec celle-ci, la Terreur. Dans son sillage, un galop se fait entendre. En quelques fractions de secondes, Terreur et Espoir s’abattent sur Kessho. C’est comme si la Lune se posait sur la ville, entraînant avec elle des marées et des tempêtes destructrices. La pluie danse au-dessus des ruines, éteignant rapidement les flammes qui embrasaient la cité.

Avant même de pouvoir réfléchir, les billes se trouvent complètement piégées par un feu infernal. Il en faudrait bien plus pour venir à bout d’eux !, pensent-ils, confiant. Et bien plus il y eu. Aussitôt sortis du piège de flammes, un véritable boutefeu d’une puissance inédite entraîne une formidable déflagration dont la cible ne fait aucun doute. Une Furie s’abat sur eux. Sa rapidité est telle qu’aucun n’arrive à la suivre, n’apercevant que la myriade d’étincelles ardentes laissées au passage de sa crinière de feu. Elle ne prend pas la peine d’apparaître à leurs yeux.


A l’écart de ce groupe, l’œil du cyclone. La calme avant la tempête.

« Alors vous êtes venus » s’exprime l’enfant au pelage jaune.

Mais il n’obtint pour seule réponse que le plissement des yeux noirs de son interlocuteur. L’air ambiant s’humidifie au fur et à mesure que la tension grandit. Le vent souffle de plus en plus fort, comme attiré par le roi sous la montagne. Il tourbillonne autour de lui. De plus en plus fort. De plus en plus vite. Ses immenses pouvoirs psychiques écrasent l’atmosphère environnante. Aucune personne normale ne pourrait se tenir encore debout face à tant de pression.

Mais ce garçon le pouvait. Bien au contraire d’être apeuré ou terrifié face à ce colosse de plus de cinq mètres, la rage grandissait en lui. Ses griffes étaient si aiguisées qu’elles rayeraient du diamant, ses canines suffisamment pointues pour transpercer les armures les plus solides. Et son regard. Accumulant en lui toute la haine qu’il avait, ses pupilles étaient réduites à deux minuscules points gris foncés. Sa fourrure se hérissait sur l’ensemble de son corps, de la queue au visage. Son corps se préparait à recevoir les chocs les plus violents de toute sa vie.

La Lune et son fils. Un calme comme la nuit au dehors. Un calme des plus tranquilles. Un calme des plus paisibles, comme la ville autour.

« Réponds-m… ! »

Avant même qu’il n’ait pu finir sa phrase, un puissant vortex d’air est violemment propulsé vers Uneie. Il se fait heurter de plein fouet et traverse une, deux, quatre maisons qui étaient encore restées debout avant de s’écraser contre le mur d’une cinquième.
Personne ne bat le roi sous la montagne.


Sauf peut-être son fils, qui se relève tant bien que mal du choc. Aussitôt remis sur pattes, Uneie se hâte le plus vite possible vers son père afin de le prendre par surprise, mais Ryujin est plus rapide et violent que le grain blanc. Il ne laisse pas le temps à son fils de se placer et d’un large battement d’ailes produit un cyclone d’une force inouïe, qui l'envoie de nouveau valser dans les airs. Le jeune garçon en profite pour s’entourer d’électricité et se propulser vers le roi, qui ne peut esquiver le coup. Une fois au contact, il ouvre grand sa mâchoire et plante directement ses crocs dans le dos de Ryujin. On entend le roi gémir. Un cri si horrible qu’il tourmente à jamais la mémoire de ceux qui l’écoute. Il plante ses crocs autant de fois qu’il le peu.

Mais Uneie est naïf. Il en faut bien plus pour venir à bout du roi des abysses. Son assurance n’est en rien entamée. D’un agile mouvement, il se débarrasse du misérable lâche qui attaque son dos et le renvoie à terre. Il se pose sur le sol pour soigner ses plaies et en profite pour charger directement Uneie. Celui-ci essaye désespérément de surchauffer l’air environnent pour ralentir Ryujin, mais rien n’y fait. On ne peut arrêter le roi aussi facilement. Alors qu’il arrive au contact, Uneie baisse sa garde afin de d’attaquer son père de toutes ses forces. Grave erreur. Ryujin s’élève soudainement en l’air, esquive l’attaque de son fils et lui envoie un rayon gelé à bout touchant.

C’est fini. Uneie est instantanément paralysé par la glace. Le roi prend le bloc de glace dans sa gueule, et le jette haut en l’air. Il lève la tête vers le bloc contenant son fils, et attend que celui-ci retombe. Il charge de l’énergie autour de sa gueule. Le bloc tombe. Il continue à se charger. Le bloc continue de tomber. Une fois arrivé presqu’au contact de son père, Uneie s’extirpe de la glace, et dans une dernière tentative, déchaîne sa colère sur le roi. Le bloc de glace aurait peut-être pu le protéger un petit peu.

Un puissant rayon d’énergie sort de la gueule de Ryujin en ligne droite, atteignant directement son fils. Le rayon est si fort qu’il englobe intégralement le jeune sire. Il est si violent qu’il poursuit sa course jusqu’aux parois de la grotte. Il les transperce sans le moindre problème. Le rayon d’énergie est si monumental qu’il ouvre une paroi dans la montagne. Uneie quant à lui a été éjecté en chemin. Il s’est écrasé contre l’une des colonnes de la grotte. Après avoir repris ses esprits, il regarde autour de lui. Au loin, bien loin, très loin, deux petites billes noires le scrutent.

C’est la Terreur qui l’observe.

La Terreur.
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C'est presque la fin de la 1ère partie ^^

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 1.9 :
Une fois encore, la fourrure d’Uneie se hérisse. Mais ce n’est pas de la colère. C’est de la terreur. Celle qu’on ressent lorsqu’on voit ce qui peut mettre fin à nos jours. Celle qu’on perçoit seulement lorsqu’Elle est là, directement sous nos yeux. Celle qu’on observe uniquement lorsqu’il est trop tard.

Ses pattes se mettent à bouger d’elles-mêmes. Son corps se retourne, mais sa tête reste fixée sur les billes sombres au loin. Alors qu’il se dirige vers la sortie de la grotte, un puissant cri se fait entendre, résonnant dans toute la grotte. On ne peut discerner d’où il provient. D’en haut ? D’en bas ? De l’autre côté de la grotte ? Ou alors, de juste derrière ses oreilles ?

Deux gigantesques billes noires le fixe, obstruant tout le champ de vision. Prêtes à s’abattre sur lui à tout instant. Juste au-dessus de sa tête.


L’extérieur de la grotte est baignée par la lueur de la lune. Au moins, celle-ci est inoffensive. Le monde serait bien sombre sans cette source de lumière.

Des tâches vertes et marron viennent obstruer son passage, mais on discerne quand même le ciel étoilé derrière elles. Au-dessus, c’est la pleine lune. Légèrement à sa droite, Spica se remarque difficilement, tant la lumière de l’astre rayonne. Le soleil de la nuit illumine le monde de sa douce et mystérieuse lumière. A cette période de l’année, les premières étoiles de la constellation du Bélier commencent à apparaître dans le ciel lorsque le soleil se lève. Le Shunbun, la journée où la nuit laisse la place au jour.

Les cèdres centenaires de la forêt donnent un aspect sacré à la scène. Un temple à l’atmosphère paisible, à l’ambiance tranquillisante, seulement perturbé de temps en temps par le souffle du vent dans les feuilles. Leurs troncs si massifs retiennent la terre, ralentissent et affaiblissent les catastrophes. Ils servent de lieux de rencontre et de vie pour de nombreuses personnes. D’ailleurs, tout le monde dort paisiblement sur leurs branches ou entre leurs feuilles. La Lune et la Terreur sont loin derrière, ils n’appartiennent pas à ce monde.

Ici, seule une confortable lumière blanchâtre brille dans le ciel.
" Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux "
- Benjamin Franklin

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Colrin
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Colrin » ven. 01 avr. 2016, 17:17

Le problème avec les edit, c'est qu'on est pas averti quand il y à un nouveau chapitre, faudrait que je passe plus souvent.
Personne ne bat le roi sous la montagne.
Il n'y a que moi qui ai pensé à Thorin ? X)
Dans ce petit espace entre la mort et la vie, c'est là qu'on se sent le plus vivant.

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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » ven. 01 avr. 2016, 21:06

Colrin a écrit :Le problème avec les edit, c'est qu'on est pas averti quand il y à un nouveau chapitre
On fait comme on peut :D
Pour le rythme de parution, vu que je compte boucler l'histoire avant le 21 Avril, pour le moment c'est d'au moins une scène par jour (j'ai découpé l'histoire en scènes et pas en chapitres, en général, quand je publies, 1 chapitre = 1 scène, mais c'est pas toujours le cas, par exemple le " chapitre " 6 est constitué de deux scènes) ; et le week-end, c'est à mon bon vouloir ^^

Colrin a écrit :
Personne ne bat le roi sous la montagne.
Il n'y a que moi qui ai pensé à Thorin ? X)
Pour le coup, non, ce n'est pas ça :p . Il y a bien une référence, mais pas au Seigneur des Anneaux. Ici, là référence est à Asgore Dreemurr du jeu Undertale, dont la musique d'introduction, Bergentrückung, signifie " Le Roi dans la Montagne " en allemand.
Et la référence à ce personnage là en particulier n'est pas anodine ;)

J'en profite pour vous laisser sur cette musique, qui est tout simplement magnifique : https://www.youtube.com/watch?v=YivzBeEwzWI
Et je vous conseille très fortement d'écouter ASGORE, qui est la musique venant juste après la 1ère : https://www.youtube.com/watch?v=hMa4hZQbrms (et de manière générale, je vous conseille d'écouter toute la BO du jeu)

Si vous n'avez pas envie d'être spoilés sur le jeu, ne vous inquiétez pas, ces vidéos n'en contiennent pas ;)
Et puis, peut-être que vous comprendrez mieux Ryujin en écoutant ces musiques ^^
Le prochain, et dernier, chapître de la partie 1 sera publié ce soir, demain matin, comme d'habitude vers minuit et demi.


A strange light fills the room
Twilight is shining through the barrier
It seems your journey is finally over
You're filled with
D E T E R M I N A T I O N


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Et le voici ! Le dernier chapitre de la 1ère partie de cette courte histoire.
J'espère que vous l'apprécierez, et j'attends de voir vos réactions.

Vous pourrez trouver sur le topic de base une version compilée de cette 1ère partie

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 1.10 :
« Tu comptes observer les étoiles encore longtemps ? » dit une voix puissante juste derrière le jeune garçon, sursautant à cause de la surprise.

« Qui… Qui êtes-vous ? » répond-il en se retournant d’un seul bloc. Mais il ne voit personne devant lui, juste l’antre sombre de la grotte.

« En haut. » énonce la voix inconnue.

Levant la tête, le jeune garçon à la fourrure dorée aperçoit finalement celui qui lui parle. Se tenant sur un nuage, une personne colossale à la peau orangée se dresse au-dessus de lui. Il n’est pas spécialement grand, mais sa carrure est imposante. Sur sa peau, des petites tâches plus foncées dessinent des symboles, dont certains ressemblent à des magatamas. Son visage est plutôt triangulaire, avec une moustache blanche pointue constituée de quatre épis orientés vers le bas, de deux yeux jaune à l’iris blanche, et de trois cornes au sommet de son crâne. A l’arrière de celui-ci se trouve une sorte de maillet blanc encore plus grand que sa tête. De son nuage sort une queue marron massive, avec des plaques circulaires rouge çà et là.

« Je suis Inari. Mais c’est très mal élevé de demander à quelqu’un son identité sans se présenter soi-même. »

Inari. Inari ? Ce nom lui évoque étrangement quelque chose, comme s’il l’avait déjà entendu auparavant. Au palais peut-être ?

« Je m’appelle U– » commence le jeune garçon, alors qu’il reprend soudainement ses esprits, et la personnalité haineuse qui va avec. « Ça ne te regarde pas ! » termine-t-il d’une voix forte mais chevrotante.

« Oh, ce regard. » répond Inari, complètement flegmatique. « Enfin, ce n’est pas grave, je sais déjà qui tu es. »

« Comment ? »

Ignorant complètement la remarque du jeune garçon maintenant déboussolé, Inari continue de dire de sa voix puissante : « Tu ne m’as pas l’air d’avoir envie de retourner dans cette montagne de sitôt. »

« En quoi ça te regarde ? Je fais ce que je veux. »

« Ah ? Toi qui a toujours été habitué à être nourri et à vivre une vie aisée, tu peux me dire comment tu vas te débrouiller tout seul dans le monde extérieur ? » répond Inari, toujours flegmatique.

« Je saurais me débrouiller ! »

« Ici ce n’est pas la ville, il n’y a pas de civils. Tout le monde sait se battre, et si tu t’en prends à une seule personne, tout le monde te tombera dessus. »

« Va-t’en ! » réplique le jeune garçon, commençant à montrer les crocs.

« Soit. Je m’en vais. Il y a une ville au sud-ouest d’ici à environ six heures de marche. Elle s’appelle Enju. C’est une ville assez grande, reconnaissable à ses sophoras et sa teinte rouge profonde. Je te conseille d’y aller, parce qu’ici, tu ne feras pas… long feu. » visiblement satisfait de son jeu de mots, Inari s’élève dans les cieux et s’en va en direction de l’est.

Uneie lance une gerbe de flammes à sa poursuite, avec ces mêmes yeux remplis de susceptibilité, mais comme tout le reste, ce n’est d’aucun effet sur Inari, qui n’y prête même pas attention.


Grommelant à voix basse, il se retourne pour faire dos à la montagne. Le choix est vite pris, le seul chemin praticable se dirige vers le sud-ouest.

Et ainsi il commence à s’avancer sur la route faisant dos à la lune.

Derrière lui, la montagne se fait de plus en plus petite.
" Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux "
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Metazenithian
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » lun. 04 avr. 2016, 01:00

(roooh le double post)
Salut à tous !
Et je vais essayer de ne pas perdre la main, alors voici le début de la 2ème partie de Kyoride wa Yama.

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 2.1 :
Au loin, une montagne.

Dans l’ombre elle se dresse, tel un rempart à la lumière du jour pour ceux qui vivent en-dedans et par-delà. A son sommet, la lune se couche, mais jamais elle ne disparait, attendant patiemment de pouvoir observer ses fils sous une nouvelle nuit.


A la lisière de la forêt, un jeune garçon marche en direction Enju, la ville rouge carmin. La ville est notamment célèbre pour les deux temples qu’elle abrite, le temple d’Or et le temple d’Argent, et les tours qu’ils renferment.

Derrière lui, la forêt sombre, seulement éclairée par la lueur de la lune, laisse place à la radieuse plaine et à son flamboyant soleil levant. Alors qu’il lève la tête vers le ciel, admirant l’effet de ces premiers rayons de lumière sur le ciel, il aperçoit dans les airs une personne volant. Elle laisse sur son passage un petite trainée de particules dorées, peut-être des plumes de son corps, lui aussi intégralement doré. Chacun de ses battements d’aile est si gracieux que leur simple vue apaise instantanément tous les observateurs. Plus loin derrière, un arc-en-ciel se forme, comme s’il poursuivait le majestueux volatile. Levant toujours plus la tête afin de suivre des yeux ce roi des cieux, le jeune garçon se retourne lorsque celui-ci disparait derrière la montagne, encore partiellement ombragée. Il ferme alors les yeux, repensant au phénix doré qui traversait les cieux il y a quelques secondes.


Au-dessus de sa tête, une voix s’émerveille de la scène. Ouvrant les jeux, le jeune garçon ne perçoit plus le ciel au-dessus. A la place, un collier de feuille se tient entre lui et le paysage. Se redressant soudainement sur ses quatre pattes, il se heurte au passage à la personne se tenant maintenant devant lui.

« Aïe ! Ça fait mal. » s’exprime alors la personne, les yeux embués.

« Qui es-tu ? » réplique immédiatement le jeune garçon avec son agressivité habituelle.

Devant lui se tient une personne quadrupède, un peu plus grande que lui. Son visage frappe instantanément l’œil du spectateur. Il est blanc et marron, avec deux petites cornes horizontales se rejoignant à la base au sommet de sa tête. Ses grands yeux sont si humides qu’on pourrait sans doute s’y noyer si on les fixait trop longtemps ; et la moue qu’elle fait avec sa bouche briserait certainement n’importe qu’elle armure, aussi solide soit-elle. De ses sabots orange partent de fines jambes blanches, changeant pour une couleur marron foncée à l’approche du tronc. La toison de son corps est majoritairement de cette teinte, avec une petite crête verte le long du dos, allant de sa queue jusqu’à un collier de feuilles situé autour de son cou.

Soudain, son expression change. Ses yeux deviennent encore plus étincelants, mais sa petite moue disparait, instantanément remplacée par un sourire si radieux qu’il rendrait aveugle ceux qui se perdent en lui.


« Tu as vu ça ? Cette personne dans le ciel. On raconte que ceux qui le voit reçoivent la joie éternelle. Ça doit être mon jour de chance. » dit-elle à toute vitesse, des étoiles plein les yeux. « Et le tien aussi. » poursuit-elle, dirigeant un grand sourire vers le jeune garçon. Sa voix est parfaitement cristalline. Son débit de parole est dynamique, mais pas monopolisant, juste ce qu’il faut.

Celui-ci ne démord pas de sa posture offensive et de son expression agressive. Mais elle non plus ne change pas son expression guillerette.

« Au fait, tu m’as demandé qui j’étais, c’est ça ? Je m’appelle Kazuho, et je viens d’Enju. C’est la ville qu’on voit en contrebas. Elle est magnifique, non ? Et toi comment tu t’appelles ? » répond la jeune fille, ses grands yeux scintillants d’expressivité.

Mais le jeune garçon reste toujours sur l’offensive.


Kazuho pousse soudain un cri d’émerveillement, et ses yeux brillent encore plus qu’avant. « Il est vraiment joli ton pelage doré. » s’émerveille-t-elle, fixant intensément On dirait le même que celui de la personne volant dans le ciel tout à l’heure. J’en avais jamais vu avant, t’as beaucoup de chance. Je sais ! Je vais t’appeler Kintaro. Je ne suis pas très douée pour retenir les prénoms, au moins comme ça je me souviendrais du tien. »


Finalement, la jeune fille remarque l’expression et la posture de celui qu’elle appelle Kintaro. Mais surtout, elle remarque l’état dans lequel il est. En effet, après avoir été sur un champ de bataille, s’être fait écrasé sur des parois rocheuses, avoir marché pendant des heures dans une forêt, celui-ci est actuellement dans un sale état. Il a de la poussière partout sur son corps, son pelage est complètement ébouriffé, il a des marques de coups sur l’ensemble du corps, et certaines de ses blessures sont encore ouvertes. En fait il tient même difficilement sur ses pattes.

Déboussolée, Kazuho pousse une petite interjection de surprise.

« Ça va Kin ? Tu as l’air mal en point. Suis-moi, je vais te ramener en ville », dit-elle, hésitante et inquiète.

« Laisse-moi. » réplique Kintaro, le regard s’assombrissant.

« Non. » répond simplement la jeune fille. « Je ne peux pas te laisser dans cet état. »

« Je t’ai dit de me laisser ! » gronde le jeune garçon.

Baissant la tête, Kazuho s’élance alors vers Kintaro et, glissant sous son corps, le soulève sur son dos. Il n’a même pas le temps de réagir que la scène est déjà terminée. Poursuivant sur sa lancée, la jeune fille galope à toute allure vers la ville.

« Repose-moi de suite ! » hurle Kin, incapable de bouger. Il lance des flammes dans toutes les directions qu’il peut atteindre, atteignant parfois celle qui le transporte sur son dos. Elle grimace, mais elle ne ralentit pas. A bout de force, Kintaro finit par s’évanouir avant d’arriver en ville.
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Et voici le deuxième chapitre de cette deuxième partie (coïncidence ? je ne pense pas)

Bonne lecture à tous ;)
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Kyoride wa Yama Partie 2.2 :
Enju, la ville où le passé et le présent se rencontrent et se mélangent.

Au nord, chacun entouré de somptueux jardins, les temples d’Or à l’est, et d’Argent à l’ouest se dressent au-dessus de la ville. Au milieu, deux hautes tours dominent le paysage. Pour le temple d’Or, il s’agit de la tour de Suzu, célèbre pour être entièrement recouverte de feuilles d’étain. Selon les traditions locales, il habiterait à son sommet une personne qui ne se montre qu’aux êtres purs. Et pour son comparse, c’est la tour de Kane, malheureusement célèbre non pas pour sa couverture en feuilles de cuivre, mais pour avoir été victime d’un incendie il y a très longtemps. La tour est aujourd’hui partiellement effondrée et n’a jamais été rénovée. A son sommet aurait également habité une personne dont la puissance rivalisait avec l’être d’or. Personne ne sait ce qu’il est advenu de lui après l’incident.

Un peu plus au sud, la ville s’est construite autour du grand palais d’Enju. Le palais de Heian est un lieu prestigieux, siège de la famille royale d’Enju, une des plus grandes villes de sa région. Sa splendeur n’a rien à envier au palais de Ryujin, bien qu’on puisse difficilement les comparer. Pointe du raffinement de la surface, les matériaux pour le construire sont des plus prestigieux, et viennent des quatre coins du monde : pin et mélèze du mont Shirogane pour la structure, briques d’argile et cyprès pour le toit. Et pour la décoration intérieure, du cèdre, et évidemment, du cristal de Kessho, dont la renommée s’étend bien au-delà de la ville.


Dans le palais, un bâtiment appelé le Shokyoden sert de résidence à la famille du roi, englobant notamment les chambres de ses enfants. Au sud se trouve le Jijuden, la résidence où seul le roi peut habiter. Puis vient ensuite le Shishinden, contenant la salle du trône, un vaste édifice rectangulaire d’une dizaine de mètres de haut sur une trentaine de large. Il est relié à sa droite au Seiryoden, le bâtiment utilisé pour les réunions et les rencontres entre nobles. La noblesse n’aime pas particulièrement le fait de voir des étrangers dans l’enceinte du palais, et encore moins de les savoirs dans le bâtiment abritant la fille et les trois fils du roi. Mais lorsqu’ils le voient, c’est encore pire. Tous s’arrêtent de parler et se retournent, scrutant les inconnus avec mépris.

L’entrée du Shishinden est encadrée par un majesteux tachibana sur la droite, et magnifique sakura sur la gauche, ouvrant sur la cour centrale du palais intérieur. Au bout de la cour se trouve le Shomeimon, la porte du palais intérieur, le Dairi. Passé celle-ci, une autre porte, le Kenreimon, entoure l’enceinte du Dairi, complété par le Chuwain, où se trouve les temples de vénérations.

Et ce n’est qu’en passant cette dernière porte, plus petite, que l’on sort enfin du palais intérieur. Pour entrer dans le Daidairi, le grand palais. Au centre de celui-ci se trouve le Chodo-in, l’enceinte principale du palais, avec le Daigokugen, la grande salle d’audiance. Plus au sud, le Chodo-in est le lieu où se tient la démocratie, et où le roi est censé présider les délibérations sur l’Etat, recevoir les rapports des officiels, et des ambassadeurs étrangers. A gauche du Chodo-in se trouve le Daigokuden, le Conseil d’Etat, dont les membres sont particulièrement méfiants, regardant de travers tout inconnu, prêt à lui bondir dessus au moindre problème.

Finalement, la grande porte du palais, le Suzakumon. C’est une porte colossale à deux étages, dominant le palais et ses alentours, afin d’éviter toute mauvaise surprise. En passant la porte, on arrive à l’extérieur du palais, sur l’avenue principale d’Enju, l’avenue Suzaku.
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It's time ! For the 3ème chapitre !
Note : le nom donné par Kazuho a Uneie a été changé en Kintaro. Cependant, Kin reste utilisé à plusieurs endroits comme diminutif ou pour éviter de répéter le nom.

Bonne lecture ^^
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Kyoride wa Yama Partie 2.3 :
« S’il vous plaît sire, ayez pitié. » sanglote une voix sur la rue transversale.

« Agenouille-toi devant moi » répond une autre voix plus en retrait. Après que la personne apeurée se soit exécutée, la voix lui répond : « Ecrase ta tête contre le sol. Je suis ton prince. »

S’abaissant encore plus près du sol, la personne à terre pleure toutes les larmes de son corps tremblotant. Tout se passe très vite. En une fraction de secondes, le prince s’entoure d’un manteau de flamme et charge rapidement sur sa cible. Le choc est violent, et le paysan est propulsé au loin. Mais avant même qu’il ne retombe, une pluie de météores s’abat sur lui, le ramenant encore plus violemment sur le sol. Et le prince continue à maltraiter le pauvre citoyen sans relâche.


Dans le cortège qui l’accompagne, une personne se sépare du groupe et s’approche de Kintaro.

« Alors comme ça on s’évade du palais pour venir observer la vie du peuple ? » dit-elle, légèrement amusée.

« Qui es-tu ? » rétorque Kin, ne détournant pas les yeux de la scène, une aura sombre émanant de son corps.

« Moi ? Je suis Hogofune, prince d’Enju. Enfin, pas encore. » annonce le jeune homme. Il est légèrement plus grand que Kin, et à le corps bleu clair. Il se tient sur ses pattes arrières ressemblant à des palmes, et possède une sorte de renflement au niveau de la taille, avec deux coquillage sur ses flancs. Il a une tête ronde avec deux moustaches blanches formant un « V » de part et d’autre du visage. Ses oreilles sont petites, pointues et noires, et à l’arrière du crâne, sa peau forme une sorte de pic. Un air supérieur et dangereux se lit sur son expression, mais rien ne semble émaner de lui.

« C’est donc toi, le fameux voyageur que ma sœur a ramené. » poursuit Hogofune.

« Ta sœur ? » demande Kinraeo, l’air méfiant envers le prince. Derrière, l’autre prince continue toujours de battre le paysan à terre.

« Oh ? Tu ne le savais pas ? Kazuho est ma sœur et la princesse d’Enju. Enfin, pour le moment. » répond-t-il. « Frère ! Viens voir ! Le grand blessé s’est offert une excursion en ville ! » dit-il en se retournant vers l’autre prince. Celui-ci s’arrête immédiatement d’attaquer le malheureux à terre et se dirige vers Kin.

« Alors c’est toi que Kazuho a ramené au palais. Qu’est-ce que tu es pitoyable. Se faire ramener par une petite fille et en plus, s’évanouir sur la route. Tu es lamentable. »

A ces mots, la fourrure de Kin se hérisse violemment, et ses pupilles se contractent jusqu’à n’être plus que deux points noirs dans ses yeux blancs. Ses crocs sortent de sa gueule et alors qu’il s’apprêtait à répliquer, le prince le coupe et dit : « Oh, quel regard. Je l’aime bien. Peut-être allons-nous bien nous entendre. » . Il se relève sur ses pattes arrières et fait jaillir trois flammes de son dos et une crête enflammée sur sa tête. Au milieu de ses iris rouges, la pupille se contracte jusqu’à devenir une petite tâche noir. « Ou alors, peut-être que je vais t’éliminer. »


« Si… sire ? » demande une petite voix derrière le prince.

« Qui m’interrompt ? » grogne son interlocuteur, tournant sa tête enflammée mi beige mi verte vers le sbire derrière lui.

« Votre sœur et votre frère protègent cet individu. Vous ne devriez peut-être pas l’attaquer. En plus, le paysan dont vous vous occupiez semble avoir besoin d'ai– » bredouille le sbire. Le prince se tourne alors vers celui-ci, l’attrape et niveau du cou, et le soulève au-dessus du sol. Tous ceux autour détournent le regard, à part Kintaro et Hogofune. Le prince scrute pendant quelques instants sa proie. Ces quelques secondes semblent être interminables pour les observateurs. Tout doucement, il ouvre sa gueule, et projette un flot de flammes sur sa cible.

Une sensation de crainte se propage dans toute l’allée comme une onde de choc.
Plus personne ne parle.
Les seuls bruits qu’on entend sont ceux des flammes du prince.
Et des cris du sbire.
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Un quatrième chapitre ardent ! On sent de la tension ! *bouillonne*

Bonne lecture O.o
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Kyoride wa Yama Partie 2.4 :
« Shishicho ! Arrête ! »

Depuis Suzakumon, une voix transperce le silence ambiant. Une tâche marron verte galope à vive allure en direction du groupe. Le prince, répondant à l’appel, arrête ses flammes et repose le sbire par terre. Se retournant, il voit sa sœur arriver vers lui, le regard perçant. On sent également un pincement au cœur dans son expression.

« Oh, mais qui voilà ? Serait-ce la couveuse des pauvres ? J’étais parfaitement dans mon droit de corriger cet insolent » énonce Shishicho, à la fois cynique, sarcastique et méprisant.

Arrivant au niveau du sbire à terre, Kazuho se baisse pour le faire monter sur son dos, ignorant les remarques de son frère.

« Que comptes-tu faire de lui ? » demande Hogofune, perplexe. « Tu ne comptes tout de même pas l’amener au palais ? Mère ne sera pas très contente de voir un roturier dans l’enceinte royale. »


Se dirigeant maintenant vers le mur du palais, elle récupère le paysan qui s’était fait battre il y a quelques minutes.

« Ne t’inquiètes pas, on va te soigner et tout ira mieux » dit-elle, laissant apparaître un large sourire sur son visage.

Le paysan n’arrive qu’à pleurer de soulagement, répétant sans cesse « Merci, dame Kazuho, merci. »

Voyant cette scène, Hogofune écarquille les yeux et crie : « Arrête Kazuho ! C’est de la folie de ramener deux gueux dans le palais, tu vas te faire réprimender à coup sûr ! »

Mais la princesse d’Enju ne fait même pas attention aux moindres mots de ses frères. Elle ne rechigne pas à porter le poids des blessés sur ses épaules. Elle avance avec les deux villageois sur son dos, difficilement, mais en ne s’arrêtant jamais.


Au bout de quelques pas, une personne arrive et prend le paysan de son dos pour le porter sur ses épaules, pour soulager l’épreuve de la jeune fille. Se retournant, elle aperçoit celui qui est venu à son aide et souriant, dit : « Merci, Amune. »

S’étonnant de voir le deuxième des princes d’Enju, le frère de Kazuho, Shishicho s’exprime : « Oh, Amune, quel bon vent t’amènes ? C’est rare de te voir en dehors du palais. D’ailleurs, quelle belle réunion de famille, c’est rare que nous soyons réuni tous les quatre. Nous devrions passer un peu plus de temps ensemble. » Après s’être arrêté pendant quelques secondes, il conclut : « Après tout, nous sommes frères et sœurs. »

Regardant les deux jeunes princes s’avancer vers Sakuramon, il rajoute : « Et faites attention à vous, mes très chers frère et sœur, ce n’est plus votre mère qui gouverne ce royaume. Je m’en voudrais de voir du mal arriver à des membres de ma famille. »

Kazuho, ne cille même pas et poursuit sa route en regardant droit devant elle, le sbire blessé sur son dos. A ces côtés, Amune, porte l’autre blessé, complètement impassible aux remarques de son frère.


Après quelques secondes, Shishicho se retourne et clame : « Aller, suivez-moi, ne restons pas trop longtemps entouré de gueux, ça pourrait nous infecter. »

Alors que le groupe disparait dans une avenue transversale, Hogofune reste sur place. Il se tourne vers Kin et lui dit : « Finalement, tu peux rester au palais. Tu n’es pas comme ces misérables autour, toi aussi, tu as du sang royal, n’est-ce pas ? »

Se retournant pour faire dos à Kin, il ajoute : « Enfin, bon– », et tournant sa tête de trois-quarts, pour le regarder une dernière fois, il termine : « Ne te mets pas en travers de notre route. », puis, rejoint finalement son frère dans le groupe un peu plus loin sur l’allée.
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Et voilà un chapitre calme, histoire de se reposer un peu avant les grandes scènes d'action ^^

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 2.5 :
Dehors, la noblesse est encore active dans le Seiryoden, on entend leurs voix s’échapper du bâtiment. Kin, qui a l’habitude de la vie dans un palais, reconnaît plusieurs comportements parmi les nobles. Il y a ceux qui tournent dans toute la salle, cherchant à élargir le plus possible leur cercle de relations. D’autres se tiennent à l’écart, en comité restreint et chuchotent projets et de complots. Enfin, certains essaient désespérément d’avoir une audience auprès du roi, pour obtenir une aide financière ou lui présenter un projet militaire.

« Voilà. », s’exprime Amune. « Ta chambre est prête. », dit-il en ajustant le lit de la pièce, richement décorée, située dans le Shokyoden, la demeure de la famille royale. Une surface en bois de cèdre avec quatre petits pieds soutient un matelas fin mais confortable au centre de la pièce. Mis à part cela, la chambre est très vide, il n’y a qu’un ou deux meubles et il y a également très peu de décorations.

« Pourquoi est-ce que tu fais ça. », demande Kin, avec sa voix amère caractéristique.

« Parce que ma sœur me l’a demandé. », répond Amune en se tournant vers le jeune homme, imperturbable.

« Et que comptez-vous faire de moi ? »

« Rien. »

« Comment ça ? Alors pourquoi– », commence Kin, avant d’être interrompu par l’interruption de Kazuho dans la chambre.

« Ca y est ! », dit-elle en sautillant joyeusement. Voyant l’air des deux jeunes gens, elle poursuit : « Je dérange ? Vous étiez en train de discuter ? »
Kin détourne le regard de son visage, pendant qu’Amune réplique : « Oui. »

Bien loin d’entamer le moral de la jeune princesse, celle-ci déclare gaiement : « Tant pis, ça attendra. Kin, j’ai parlé à mon père, et il a accepté que tu restes habiter ici en échange de tes services pour aider. C’est super, non ?»

Avant même que celui-ci n’ait le temps de refuser, Kazuho conclut son intervention en disant aux deux jeunes hommes de venir manger, repartant de la chambre en sautillant. De toute façon, il ne doit pas exister beaucoup de personnes capables de lui résister.


« Pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? », demande Kin à Amune, l’air méfiant.

« Je ne sais pas. », répond-t-il, impassible, agaçant visiblement l’interlocuteur par son apathie chronique.

« Cette histoire ne tient pas la route. Qu'est-ce que ça veut dire " Mes services pour aider " ? Pourquoi le roi voudrait que je l'aide ? Pourquoi aurait-il accepté qu’un inconnu que sa fille a trouvé dans la forêt habite dans son palais ? Et dans le même bâtiment que ses enfants qui plus est. », bougonne Kin, de plus en plus énervé.

« Ma sœur est très doué pour argumenter et remporter les discussions. Fait-lui confiance. Elle tient ça de notre mère. ». Amune reprend sa respiration et termine : « Aller, viens manger. »

Impressionnant, c’est la première fois que le prince d’Enju parle aussi longtemps et se montre aussi expressif. Mais Kin ne lâche pas l’affaire.

« Cet après-midi, ton autre frère a parlé de votre mère à toi et à Kazuho. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? », interroge le jeune homme.

« Elle s’appelle Kumo, et notre père, Fukiseki, l’a répudiée il y a des années pour se marier à Sakura, la fille du roi d’un autre royaume. Hogofune et Shishicho sont les fils de Sakura avec notre père. »


Le dîner se passe assez normalement. Toute la famille royale est réunie. Au centre de la table se trouvent Fukiseki et Sakura, à droite du roi il y a Amune, puis Kazuho ; et à gauche, il y a Hogofune puis Shishicho. Quant à Kin, il est en face du roi et de la reine, entre Kazuho et Shishicho.

Fukiseki est très grand, environ trois mètres cinq. Son long corps annelé se termine par excroissance sur laquelle se dessine un visage monstrueux, avec une large bouche rouge cerclée de noir, de grands yeux rouges et jaunes fardés de noir avec une large iris noire, et d’épais sourcils, noirs également. Toutes ses autres écailles sont violettes, du bout de la queue jusqu’à la tête. Ses yeux sont petits et rouges, des crocs acérés sortent de sa bouche, et parfois, sa langue fourchue s’échappe et siffle lentement dans le silence ambiant.

A côté, Sakura, certes moins impressionnante, est encore plus grande. Au moins trois mètres. Mais il se dégage d’elle une aura différente de celle de Fukiseki. Des motifs en forme de lierre parcourent son corps, verts sur le dos, et un peu plus clairs sur le torse, et des marques jaunes sont aussi visibles vers le milieu du tronc. Son visage est blanc, avec de grands yeux rouges perçants, et deux extensions pointues jaunes derrière la tête. Quelques feuilles palmées poussent sur sa queue.
" Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux "
- Benjamin Franklin

Metazenithian
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » lun. 11 avr. 2016, 01:23

Je reposte pour marquer l'hiatus dans la publication.

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Du mystère ! Des questions ! Mais qui est ce mystérieux inconnu ? Amune va-t-il réussir à arriver à temps ? Vous le saurez en lisant ce nouveau chapitre !

Bonne lecture ;)
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Kyoride wa Yama Partie 2.6 :
« Allez, allez ! On s’active ! », crie Kazuho de sa voix cristalline et joyeuse. « Il nous reste encore un hectare de riz à planter, il faut qu’on finisse avant ce soir. »

Autour d’elle, plusieurs paysans d’Enju s’activent dans le large champ de riz situé en périphérie de la ville. Kazuho dirige l’équipe de paysans chargée de la plantation des céréales et plus généralement, de l’agriculture de la ville. Et tous semblent être ravis d’être dirigés par elle. La princesse fait des aller-retours sur toute la rizière, amenant le riz à planter du chariot aux paysans. Elle galope vivement sans trop s’épuiser, malgré la large quantité qu’elle porte sur son dos. En fait, on ne voit presque plus son corps au milieu de tous les plants de riz qu’elle transporte. Voyant son frère arriver au loin, elle s’arrête et pose à terre les paniers contenant les plants.

« Oh, Amune ! Tu viens aider ? », dit-elle, heureuse de voir son frère.

« Laisse-moi faire, j’irai beaucoup plus vite. », répond-il d’une voix inexpressive mais avec une pointe de chaleur assez inhabituelle.

« Merci. »


Amune s’avance alors pour prendre les paniers sur son dos, et puis, il… disparaît. Sa vitesse est hallucinante. On ne voit plus qu’un éclair bleu et noir foncer à travers le champ, suivant par une étoile jaune scintillante. Il se décharge de sa cargaison sur les paysans, et repart se charger au chariot en quelques fractions de secondes. Il ne s’arrête que de courts instants, laissant à peine le temps de l’observer. L’arrière de son corps est recouvert d’un pelage noir, alors que l’avant est plutôt bleu clair. Il possède deux cercles jaunes sur ses pattes avant, et ce pelage noir qui se poursuit sur sa tête, entourant son visage. Ses yeux sont grands et jaunes, et deux grandes oreilles ovales traversent son pelage noir sur les côtés du crâne.

Même s’il ne peut pas porter autant de charges que sa sœur, il la distribue beaucoup plus rapidement.

« Kintaro, tu viens ? Mon frère se débrouillera très bien tout seul. Je vais te montrer quelque chose en ville. », demande-t-elle en se retournant vers Kin, qui était resté en retrait. Ses yeux scintillent d’étoiles et un large sourire illumine son visage.


Dotou-ji, le temple à la tour cuivrée, un des nombreux noms pour désigner le majestueux temple d’Argent, et la tour de Kane qui y siège. Enfin, c’était le cas avant que la tour ne brûle suite à un violent orage. Depuis, on l’appelle Haitou-ji, le temple à la tour de cendres.

Perdu au milieu d’un écrin de verdure, le Dotou-ji est une merveille de beauté et de simplicité. Il n’a pas de couleurs chatoyantes comme son homologue situé de l’autre côté de la ville. Il est simple, paisible, agréable à regarder. Il se fond dans la verdure ambiante, mais miraculeusement s’en détache, comme s'il pouvait exister quoi qu'il y ait autour de lui. Justement, tout autour de lui, des jardins de sable, des étangs, des arbres embellissent le paysage.

Le seul bruit qu’on entend est celui de la nature, les échos de la ville sont bloqués par la végétation. Ici, un tas de sable symbolise le mont Shirogane. Par-là, un étang représente le lac Ikari. Il y a très peu d’agitation dans le temple, seulement le paisible bruit du passage de l’eau et des feuilles agitées par le vent.

Et aussi le chant mélodieux de Kazuho avançant sereinement sur les chemins du temple.


Et enfin la voilà. Entre le tas et l’étang, elle trône tel un colosse, affaiblie, meurtrie, mais invaincue. Malgré ses blessures, elle siège toujours au centre du temple, continuant de regarder vers le ciel. Tant de majesté dans un édifice. Elle reste fière malgré les années qui ont passées, placide, imperturbable, inébranlable. Même réduite de moitié, elle domine encore ceux qui passent autour d’elle, les regardant avec un regard tendre et affectueux, s’assurant qu’il ne leur arrive rien de néfaste.

« C’est drôle, tu ne trouves pas ? », demande Kazuho

« Qu’est-ce qui est drôle ? », réplique Kintaro, interloqué par la soudaine question de la jeune princesse.

« Ce temple, c’est le temple d’Argent, et pourtant, cette tour était recouverte de feuilles de cuivre avant de brûler ; alors que la tour du temple d’Or est recouverte de feuilles d’étain. Mon père m’a raconté qu’avant de brûler, la végétation était beaucoup plus dense autour du temple d’Argent, et que les rayons du soleil avaient beaucoup de mal arriver au sol. Cependant, le temple d’Argent n’était jamais dans l’ombre, car la grande tour de Kane illuminait directement le sol en réfléchissant la lumière du soleil. Ainsi, malgré l’épaisse végétation, personne n’avait jamais peur de s’y aventurer. », racontait-elle, les yeux fixés sur la tour, le visage heureux.

Une tour d’Or dans un temple d’Argent, en effet, c’était assez curieux.

« A l’intérieur, on y célébrait le culte de la Lune. Ça m’a toujours impressionné ce mélange entre soleil et lune qu’il y a dans les deux temples d’Enju. Lors de l’incendie de la ville, les flammes ont brûlé les trois quarts de la cité, et sont arrivées jusqu’aux portes du palais. La ville a été presque entièrement rasée, il n’en restait plus rien, mis à part le quartier du temple d’Or, et au milieu des flammes, seule la tour de Kane était restée debout. On raconte que la tour se prolonge profondément dans le sol, et qu’au fond, un passage mène au royaume du dieu des abysses, dieu qui habitait autrefois au sommet de cette même tour. »

« Cet endroit a vraiment beaucoup d’histoire. », dit Kintaro, admiratif devant les paroles de Kazuho. « Mais pourquoi m’as-tu amené ici ? »

« Parce que cet endroit te ressemble. »

Kin s’apprêtait à répondre, mais ne réussit qu’à ouvrir sa mâchoire et ses yeux.

« En fait, ma mère me disait souvent qu’il y avait une raison au fait que l’or et l’argent s’alternent dans les temples d’Enju. Selon elle, cela symbolisait qu’en chacun de nous, il y a toujours quelque chose de plus profond. Les personnes dynamiques et énergiques sont calmes et paisibles au fond, et vice-versa. Comme le dieu des abysses, dont on disait qu’il était très actif. Et c’est pareil pour toi. », annonce-t-elle en se tournant vers Kintaro. Elle se lève et se met à tourner autour de celui-ci. « Tu es comme la tour de Kane avec ton pelage doré, tu es dynamique, farouche, impétueux et parfois même un peu brutal, mais au fond, tu n’es pas comme ça, n’est-ce pas ? »

Au fond ? Au fond, qu’est-ce que…

« Qu’est-ce qui te fait dire ça ? », demande Kin, déboussolé par le discours de la princesse.

Surgissant juste devant le visage de Kintaro, Kazuho fait un large sourire et un clin d’œil, et déclare joyeusement : « Une intuition ! »

Surpris par cette soudaine apparition, Kin détourne le regard, apercevant ainsi un noble arrivant au loin.

« Princesse Kazuho, veuillez me suivre, Dame Sakura vous demande. », dit-il une fois arrivé à proximité des deux jeunes gens.

« Ah ? Désolé Kin, je dois te laisser. », répond la princesse, gardant son sourire, mais étant néanmoins déçue.


Alors qu’il regarde Kazuho et le noble s’éloigner vers le palais, Kintaro reprend ses esprits, puis se demande : « Un passage menant au royaume du roi des abysses… Se pourrait-il que ce passage mène à Sendo ? »
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Mais que se passe-t-il ? Des révélation inattendues arrivent !

Bonne lecture ^^
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Kyoride wa Yama Partie 2.7 :
Même si extérieurement elle semble résister, la tour de Kane est beaucoup plus fragile de l’intérieur. La lumière, pourtant abondante car elle n’est pas masquée par les arbres, s’efface quand on regarde la profondeur du trou au centre.

Kintaro prend un petit débris sur le côté, et le laisse tomber dans le trou.

Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Dix.

Treize.

Il a fallu environ treize secondes au débris pour atteindre le fond de la tour. Mieux vaut ne pas essayer de descendre comme le caillou.


En regardant autour, il voit plusieurs escaliers qui sont encore suffisamment en état pour être empruntés.

Les étages se suivent et se ressemblent. Il n’y a plus rien d’observable dans cette tour. La désolation est partout. C’est comme un auguste qu’on aurait dépouillé de ses joyaux. Et dire qu’elle était si belle de l’extérieur, si majestueuse. L’intérieur n’a rien à voir. Il est triste et morne, comme si il lui manquait quelque chose. Comme si on le lui avait arraché. Comme si on l’avait forcé contre son gré à s’en séparer.

Au bout de quelques heures de marche, une aura sombre se fait ressentir. Dans un recoin de la tour, au détour d’un couloir, un groupe est rassemblé au fond d’une pièce. La porte coulissante est légèrement entrouverte, permettant d’observer ce qui se passe à l’intérieur. Mais l’obscurité ambiante ne permet pas de voir grand-chose.

Une voix forte et menaçante demande : « Alors ? Où en est-on ? », et une autre, tout aussi menaçante, lui répond : « Ça a déjà commencé. Il n’y a plus rien. Et je crois qu’ils s’en sont rendu compte. »

« Parfait. »

Alors que des voix commencent à s’élever, une petite bille rouge luit dans l’obscurité. Et puis toute la pièce s’embrase.

« Silence ! », gronde une voix si puissante qu’elle fait écho dans toute la tour. « Qui a osé commencer à parler ? »

« Du calme frère, nous avons encore besoin d’eux. » répond l’autre en éteignant les flammes en projetant des filets d’eau de sa bouche. « Oh, tiens. Nous avons un invité. »


Aussi rapide qu’un feu se propageant dans une forêt sèche, une personne surgit à l’entrée de la pièce. Il ouvre la porte d’un grand coup de patte et l’envoie s’écraser contre un des murs.

Dans l’entrebâillement se tient Shishicho debout sur ces pattes arrières, bloquant la lumière venant de l’intérieur de la pièce. On ne distingue que ses yeux rouges dans l’obscurité.

« Oh, ce n’est que toi, Kintaro. », déclare le prince, visiblement déçu par le visiteur. « Je m’attendais à voir quelqu’un de plus intéressant. ». Oui, il est définitivement déçu. Il tourne le dos à Kin et retourne s’asseoir au milieu de la pièce, entouré d’une horde de sbires et de son frère Hogofune.

« Quelle belle surprise de te voir ici », dit ce dernier. « Que viens-tu faire ici ? Tu veux peut-être rejoindre la meute ? ».

La meute. C’est comme ça qu’on appelle la bande de Shishicho et Hogofune. Elle est crainte. Elle entretient la crainte. Elle propage la crainte. Elle ne sait faire qu’une chose. Frapper. Tous ceux qui se mettent en travers de leur route. Elle traque. Elle attaque. Elle s’acharne.

Mais surtout, elle craint. Elle n’est tenue que par la crainte. Elle s’est formée sous la crainte. Shishicho Akame. Deux billes rouges dans l’obscurité. Celui qui apporte la lumière. Le feu destructeur. Celui que tous craignent dans le royaume d’Enju. Même ses propres sous-fifres.


« Hogofune, on n’accepte pas ce genre de personnes parmi nous. » dit Shishicho d’une voix grave. Un sourire malsain parcourt son visage alors qu’il ajoute : « Mais peut-être que s’il nous aide, on pourra réfléchir à la question. »

« Qu’est-ce que tu attends comme aide de sa part ? Il n’est pas capable de tenir tête à une petite fille. », réplique Hogofune, regardant son frère. Il tourne la tête vers Kin et dit : « Et puis… Il a quand même essayé de s'en prendre au roi de Sendo et s'est fait écrasé. Tu crois vraiment qu'il a se qu'il nous faut »

Kin, qui déjà était méfiant, se sent soudainement en danger, et instinctivement se prépare à se battre.

« N’est-ce pas Kintaro, ou plutôt, Uneie de Sendo, c’est ça ? », termine Hogofune, son visage montrant qu’il était satisfait de lui.


Dehors, au loin, plusieurs explosions se font entendre. Le sol tremble, et les murs de la pièce se fissurent. Mais cela ne semble pas affecter Shishicho et Hogofune.

« Bon, c’était sympathique de te parler Kin, mais tu nous excuseras, nous avons encore des choses à faire avant d’arriver sur scène. », dit Hogofune.

Alors que Kin tourne la tête vers celui-ci, il n’a pas le temps de réagir et est percuté de plein fouet par un puissant jet d’eau. La puissance est si grande qu’il traverse les murs de la tour et en est éjecté. Il reste quelques temps à flotter dans les airs, avant de s’écraser contre le sol à quelques dizaines de mètres du palais.
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De l'émotion ! Des larmes ! De la chaleur ! Que va-t-il arriver à notre héros ? Cours, Uneie !

Et bonne lecture à tous ;)
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Kyoride wa Yama Partie 2.8 :
La chaleur. Son pelage est extrêmement chaud, comme s'il était en train de brûler.

Les cris. Des hurlements résonnent dans sa tête. Des cris de massacres font écho dans toute la ville.

Les couleurs. Plusieurs nuances de rouge tournent tout autour de lui. Rouge feu. Rouge sang.

Kessho est à feu et à sang.


Reprenant petit à petit ses esprits, Kintaro se réveille et se relève au milieu d’une des places d’Enju située non loin du palais.

Tout autour de lui, un véritable carnage se déroule. Les habitants sont expulsés de chez eux de force par la meute et aussitôt mis à terre. Ceux qui essaient de fuir sont abattus. Les gens courent dans la ville, cherchant un endroit ou se réfugier. Ceux qui résistent sont abattus. Les paysans sont mis en lignes et transportés dans un autre endroit de la ville. Ceux qui n’obéissent pas.

Des gens aboient, hurlent, rugissent, crient dans tous les sens. Ces bruits sont mêlés à d’autres sons, plus féroces, agressifs, colériques. Dangereux.


Kin, observant le spectacle se déroulant autour de lui, se met à courir vers le palais. Autour de lui, des gens se font agresser de toutes parts par la meute. Mais il ne s’arrête pas et continue de courir. Les maisons sont à moitié effondrées, les murs et les toits rouges d'Enju ne sont maintenant plus que des débris au sol.

Il passe Suzakumon et entre dans l’enceinte du palais, intégralement vide et silencieux. Quelques cris extérieurs se font entendre, mais ici, personne. Il franchit la deuxième porte, Kenreimon, puis la troisième, Shomeimon, et arrive dans le Daidairi, le cœur du palais. Alors qu’il se dirige vers le Shishinden, des bruits attirent son attention au Seiryoden, la cour des nobles.

« Oui ! A mort ! », crie une masse de personnes.

Ils sont tous regroupés autour de quelqu’un qui semble leur décrire une situation.

« Elle nous a trahi ! Il faut l’exécuter ! »

C’est Sakura qui est au centre du groupe. Elle harangue la foule avec tout un tas de propos haineux.


Kintaro se dépêche d’aller au Shokyoden, la demeure royale, dans l’espoir d’y trouver Kazuho.

Alors qu’il rentre dans le bâtiment, il entend un cri de lamentation tout proche de lui. Juste à côté, à terre, se trouve le roi Fukiseki. Il est gravement blessé et semble incapable de bouger. Sa respiration est faible, et sa voix tremble. « Uneie. », dit-il difficilement.

Réagissant à l’appel, Kintaro s’arrête et se baisse pour écouter le roi.

« Roi Fukiseki ! », s’exclame-t-il, « Qu’est-ce qui se passe ici ? »

Le roi agrippe soudainement le jeune homme avec sa queue et lui murmure : « Uneie. Uneie. »

« Oui, roi, parlez. », bégaye-t-il.

« Sakura a soulevé le peuple contre nous. Elle fait croire aux nobles que Kazuho a détruit la récolte de riz, pour que le royaume tombe dans la famine, et qu’Amune et moi étions ses complices. », dit le roi. « J’aurais dû être plus prudent, j’aurais dû faire plus attention. », se lamente-t-il, sa voix s’affaiblissant progressivement. Récupérant les dernières forces qu’il lui reste, il ajoute : « Ne t’occupes pas de moi Uneie. Amune et Kazuho sont un peu plus loin. Reste fort, Uneie. J’ai besoin… de tes… services… »

L’étreinte se relâche. Le roi a fermé les yeux.
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Encore des larmes ! De la force de caractère ! Et une personne inattendue qui arrive ! Mais qui est-ce ?

Bonne lecture ^^
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Kyoride wa Yama Partie 2.9 :
Kintaro regarde encore le roi pendant quelques secondes. Comment un roi si fier, si grand, avait-il pu être mis à terre ? Comment un roi si aimé de son peuple avait-il pu être oublié aussi rapidement ?

Comment ?


Après avoir regardé le roi pour une dernière fois, le jeune garçon se remet en route pour trouver ses héritiers.

Finalement arrivé dans l’aile abritant leurs chambres, il voit que celles-ci sont gardées par quelques nobles à la solde de Sakura.

Il se débarrasse très facilement d’eux en les mordants avec ses crocs enflammés. Les portes derrières étant verrouillées, il les enfonce comme un bélier. Alors que la porte se brise, il surgit dans la pièce, nez-à-nez avec Kazuho. Il lui décoche un léger sourire et lui dit : « Allez viens, on s’en va. »

Entraînant la princesse avec lui, il va chercher Amune, et tous ensembles, sortent du Shokyoden.


Au bout de quelques pas, Kazuho s'arrête et se tourne vers le groupe : « Kin, où est notre père ? », s’inquiète-t-elle.

Kintaro s’arrête alors nettement, et en se tournant vers la jeune fille, ne peut masquer l’expression sur son visage. « Il s’est fait avoir lui aussi. », décide-t-il simplement de dire.

« Il faut qu’on aille le chercher ! », déclare-t-elle fermement. « Où est-il ? »

« Non Kazuho, il faut qu’on s’en aille. » répond Kintaro.

Kazuho se tourne alors vers lui et écarquille les yeux. « Comment ? Tu voudrais que je parte et que j’abandonne mon père ? »

« Oui. »

La princesse se retrouve incapable de dire quoi que ce soit. Finalement, après un long silence, elle annonce : « Non, je ne peux pas. Il faut que j’aille voir mon père, peu importe l’état dans lequel il est. Viens avec nous. ». Elle se met alors en chemin pour rechercher son père, mais Kintaro la retient avec une de ses pattes.

« Arrête, Kin. », dit-elle les yeux remplis de larmes. « Laisse-moi faire. »

Mais la poigne du jeune homme ne faiblit pas.

« Non Kazuho, si je te laisse faire ça, tu risques de te refaire capturer. C’est votre père qui m’a dit de ne pas s’occuper de lui et de vous secourir. Je ne peux pas te laisser partir. J’ai un service à rendre. »


« Oh ! Mais regardez-moi cette touchante réunion. Être réunis deux fois en deux jours, c’est vraiment une occasion particulière. »
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par TX-3 » mar. 19 avr. 2016, 04:58

C'est nul, arrête ta fic tant que tu le peux encore, ce truc est aussi vide d'intérêt que ton cerveau est vide de matière grise.
Je dislike, je me désabonne et je rentre à mon pommier.

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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Oreon » mar. 19 avr. 2016, 07:16

BiBaBu a écrit :C'est nul, arrête ta fic tant que tu le peux encore, ce truc est aussi vide d'intérêt que ton cerveau est vide de matière grise.
Je dislike, je me désabonne et je rentre à mon pommier.

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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par monocram » mer. 20 avr. 2016, 18:46

Oyé, oyé, cher Méta. Au nom du Comité des Critiques je me présente à toi afin de t'éclairer sur la voie artistique même si le chemin est déjà bien éclairé.

Ainsi donc, si personne n'a compris ce que j'ai voulu dire... Et bien, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par le Comité des Critiques, je viens analyser la fic de Méta à ma façon. Je tiens seulement à rappeler que je fais un travail plus général. Je ne travaille pas sur un mot ou une phrase précise.

Ainsi donc, je vais organiser mon travail ainsi:

-Petit résumé de la partie analysée (ici, la partie 1);
-Analyse du travail technique;
-Analyse du travail artistique;
-Conseils;
-Conclusion;
-Impression personnelle.



Résumé de la partie 1
Uneie, un jeune vaurien de sang royal, se fait exiler du royaume de son père à cause des successions de ses méfaits. Ne voulant croire les dires de son père, au début, il se fait une raison et malgré de violentes contestations, il se voit obligé d'errer dans la nature. Une haine se crée en lui envers son père. Il entreprend d'attaquer Kessho, la caverne urbaine aux cristaux étincelants. Il y provoque un immense incendie. Son massacre est contré par son père qui vient l'arrêter. Ainsi, ils se voient être dans l'obligation de combattre. Une fois, l'affrontement terminé, Uneie faible et perdant se rend selon les indications d'un certain Inari dans une cité que l'on nomme Enju...
C'est court mais je pense que ça fera l'affaire. :^^:

Analyse du travail technique:

-D'abord ce que j'ai remarqué en premier: les descriptions. Elles sont fort bien réalisées. Je n'ai presque rien à dire si ce n'est les répétitions. Comme on le sait, il y'a deux sortes de répétitions. Les bonnes et les mauvaises. On voit que tu as une maîtrise incomparable des bonnes répétitions. Cela dit, à force d'utiliser encore et encore des bonnes répétitions, il arrive que des mauvaises se glissent entre elles. Je sais, c'est difficile à voir mais ça doit être perçu lorsqu'on lit l'histoire et qu'on compare les sons à l'oreille et les mots qui vont avec. On observe certaines fois que ce n'est pas très joli.

-Le style est agréable. On a l'impression de se trouver au Japon avec tous ces mots à consonance asiatique. Je trouve personnellement, que le style que tu utilises, c'est-à-dire bref, posé, calme, complet, droit, et strict (mais dans le bon sens) fait penser dans son intégralité au pays japonnais.

-Encore, tu utilises des marques de style plus connues de nos contrées. A ta guise, tant que le lecteur trouve le tout agréable.

-J'ai pu voir une ou deux fautes d'orthographe mais je pense que maintenant que j'ai survolé le texte, tu les as corrigées ou alors je divague.

-La longueur des textes et bien... est vraiment courte. Ça ne me dérange pas mais bon, moi personnellement, je ne te le reproche pas mais certains lecteurs sont mangeurs de longs textes bien complets. Cependant, tu indiques immédiatement que ce sont des fragments de textes. Au moins, nous sommes prévenus.

-Le rythme de ton texte est souvent en pause. Ce n'est pas un reproche. Il y'a juste de multitudes de descriptions explicatives mais surtout décoratives et ton texte en est embelli.

-Cela dit et à cause de leur petite longueur, les fragments de texte que tu postes ne sont soit que des descriptions, le plus souvent, ou des actions. Il serait plus agréable de mêler les deux mais d'une manière plus flagrante que ça l'est pour le moment. En fait, la séparation entre les chapitres descriptifs et les autres chapitres se fait remarquer d'une manière forte. Il faudrait la maintenir pour les fragments recensant à la fois les actions et les descriptions car lorsque l'un d'entre eux est posté, on discerne mal les séparations. Si tu vois où je veux en venir ? C'est simplement un effet psychologique qu'on pourrait avoir parce-qu'on prend du temps pour bien comprendre une description et se la dessiner dans la tête. Ainsi, le temps qu'on s'aperçoive précisément à quoi ressemble un personnage où un lieu, on perd le fil de perception de l'action lorsque l'une est jointe à une description... (Oui, monocram... tu peux aller te coucher.)
En tout cas, cette remarque est d'un rien facultative mais bon si tu l'as comprise, et bien... je te souhaite le meilleur.

-Le vocabulaire n'est pas trop compliqué et sait parfois instruire. La balance est parfaite.

-Parlons des actions dorénavant. Je trouve que c'est bien. Il y'en a ni trop ni trop peu. C'est juste qu'il faudrait les surveiller en même temps que les descriptions.

-L'histoire est parfaitement compréhensible.

Je pense avoir bien survolé la technique. Passons à l'artistique.

Analyse du travail artistique:

-Maintenant, je vais m'intéresser à l'intérieur des descriptions. Alors, je dois dire chapeau. J'avoue m'être rendu compte qu'on parlait de Pokémon après X fragments XD. Plus sérieusement, à ce niveau là, mes félicitations. Même si les descriptions sont à portée de toute plume, la tienne excelle dans cette art. Cependant, n'oublie pas que le plus souvent, les descriptions sont un miroir de l'imagination, de la pensée et de l'état spirituel de l'auteur notamment par le style qu'il y incorpore. Les descriptions que tu as faites obéissent certes à certaines règles de style inévitables, mais elles te sont propres, comme à chaque écrivain. Il est sûr que ton style et ton monde peuvent plaire à certaines personnes mais aussi déplaire à d'autres. De plus, toutes tes descriptions s'équilibrent dans leur contenu. Ainsi, continue donc de bien entretenir ton esprit mais à ce niveau, je pense que ce n'est pas trop compliqué. ;)

-Le rythme narratif étant lent, on peut suivre le personnage avec le temps qu'il faut.

-La narration est bien exécutée. Tu as bien fait de choisir la focalisation zéro pour ton histoire. Puisque ta vocation narrative est éventuellement la description, si j'ose dire, tu as de quoi faire en étant omniscient. Le petit bémol c'est que les fragments sont courts. Tu assoiffes tes lecteurs de ton style et des actions qui approchent.

-D'un point de vue narratif, tout va bien mais d'un point de vue donné par le schéma actantiel général, on a peine à s'imaginer l'objet recherché par Uneie. Serait-ce le retour dans son royaume ? Serait-ce la recherche de lui-même ? Serait-ce l'envie de devenir plus fort ? Serait-ce, tout simplement, l'envie d'être tranquille ?... Là je ne sais pas ce que veut Uneie précisément. Peut-être est-ce trop tôt pour le moment. Dans ce cas, c'est d'un rien dommage.

-Les personnages que tu décris sont intéressants et variés. On a pas que de l'OU en d'autres termes. ;)

-Peut-être que parfois, mais ce que je vais dire c'est vraiment pour chercher la petite bête, les actions sont un peu trop prévisibles mais j'en connais un qui ne mets que des actions prévisibles dans ses écrits. Chez lui, la seule chose sûre c'est qu'il m'a promis que le final serait grandiose et qu'il coupera l'herbe sous le pied de ses lecteurs. Enfin soit, à bon lecteur entendeur ! Je me dissipe...

-Sinon, l'histoire est cohérente, les lieux et personnages qu'elle présente sont intéressants, on a du bien à suivre les personnages.

Voilà un peu ce que j'ai retiré de général du côté artistique.

Conseils:

-N'hésite pas à rallonger certains fragments. Tu peux garder des plus courts mais je te conseille d'en faire des plus long.

-Fais attention à la concordance action-description. Mais ce n'est que facultatif.

-Ne te perds pas dans ton vocabulaire.

-Garde bien ton style et ton monde. Améliore les et continue de proposer à tes lecteurs un contenu varié et intéressants.

-Garde ta curiosité.

-BONUS: Je te prierai de créer un sondage pour ta fic. À mon humble avis, tu serais étonné du nombre de personnes qui lisent tes écrits.

-Ne te décourage surtout pas. Ton travail étant de qualité, agrippe-toi aux lecteurs qui commentent ta fic, aussi.

Conclusion:

En une petite phrase:

"Ton histoire est comme une crème légère savoureuse mais le gâteau en dessous est un peu trop chocolaté pour mon foie. ^^" "

Voilà.

Appréciation personnelle:

Là, je suis censé dire ce que j'en ai pensé. C'est un peu plus privé donc si vous n'êtes pas Méta... Ben, restez mais taisez-vous !

Donc, comme je te l'ai dit plus haut:
J'aime et je n'aime pas
C'est un étrange sentiment. En fait, Méta, je ne saurais pas t'expliquer pourquoi c'est comme ça. C'est un ressenti. Lorsque l'on lit une histoire, il y'a moyen de déceler à l'intérieur des choses abstraites, surnaturelles, inexplicables qui proviennent directement de l'auteur et de ses sentiments lorsqu'il écrit. J'ai juste une question dont j'espère déjà connaître la réponse:

"Es-tu satisfait de ton travail ?"

Réponds sincèrement. Il n'y a aucune honte à avoir face à cette question.
Il y'a moyen que j'aie d'autres questions donc tiens-toi prêt.



Sinon, l'analyse est terminée. Je la clôture sur un "très bien" de la bouche de monocram. D'ailleurs, monocram est abonné à cette fic. À votre tour dorénavant de soit vous lancer ou soit lire et commenter. Et n'oubliez pas:
Le progrès vient après le premier essai. Le succès vient après le premier progrès.
Mes salutations chers camarades. Je vous remets aussi les salutations du Comité...
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » jeu. 21 avr. 2016, 00:57

Merci pour tes remarques monocram je vais les prendre en compte ^^ . Bon par contre, j'ai plusieurs chapitres d'avance, donc ça va mettre un peu de temps pour être pris en compte >.>

Concernant la taille des textes, je ne sais pas trop. Peut-être est-ce moi qui suis plus à l'aise en ne publiant que des petites parties. Bon, il y a quand même une part qui se justifie par le fait que je n'avais pas énormément d'avance lorsque j'écrivais la 1ère partie, du coup je publiais peu pour garder une avance. Et j'ai continué cette pratique.

Pour la trop grande séparation action/description, oui de quoi tu parles. Etant donné que je n'ai jamais pris le temps de relire ma fic en entier (oui, je sais :') ), je n'avais pas fait attention à ce détail (roooh le noob) . Ça vaut aussi pour le coup des répétitions ^^" .

J'ai juste une remarque à faire concernant ton analyse, un espérant qu'une simple phrase sera suffisante pour t'y faire réfléchir. Mais si ce n'est pas le cas, tu comprendras sans doute dans la conclusion ^^.
monocram a écrit :Tu as bien fait de choisir la focalisation zéro pour ton histoire
Et pourtant monocram, et pourtant ^^
monocram a écrit :"Es-tu satisfait de ton travail ?"
Ah, ça, la réponse est simple ^^. Non.
Ça peut sembler étrange alors que je n'ai eu que des remarques positives (un certain râleur n'a pas encore ramené sa fraise >.> ) ; mais cette histoire, je trouve qu'elle l'est bâclée, que ce soit dans le choix des mots, dans les tournures de phrases ou dans le style de manière général (pas partout, mais trop souvent à mon goût) :/
Ou alors, c'est juste que je suis mégalomane :D

Pose tes questions, j'attends ;) !

P.S. : Au fait, tu sais qu'au lieu de faire des listes manuellement, tu as une balise " list ", à utiliser avec les puces " * " , ça sera bien plus pratique, et ça mettra les listes en relief.

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Le dénouement approche ! Que va-t-il se passer ? L'auteur arrêtera-t-il ces accroches clickbait inutiles ?

Note : je reste quand même sur la courte publication au moins pour cette histoire, je verrai pour l'histoire suivante si je publie de plus grosses parties
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Kyoride wa Yama Partie 2.10 :
Au milieu de la cour tranquille, deux billes rouges s’avancent. C’est Shishicho. Sur son visage se lient la colère et la haine, et sur sa mâchoire, la joie. A ces côtés se tient Hogofune, et tous les deux diffusent une aura malveillante autour d’eux. Les de la ville commencent à se faire entendre jusqu’au Daidairi.

« Alors, Kin ? Contant de ce que tu vois ? », demande-t-il au jeune homme.

Celui-ci s’avance alors, s’interposant entre les héritiers de Fukiseki et les deux chefs de la meute.

« Qu’est-ce que tu leur veux ? », grogne-t-il, la voix aussi sombre et profonde qu’il puisse.

« À eux ? La mort. Mais si tu me laisses faire, il ne t’arrivera rien. Pour le moment. », rétorque Shishicho.

Les deux princes se regardent pendant plusieurs minutes, ne faisant aucun geste, aucun bruit.


Les deux s’opposant se jettent l’un sur l’autre. Kin montre ses crocs enflammés, mais Shishicho, plus rapide, arrive devant lui, s'arrête, se retourne et lui fait dos. Il fait alors soudainement surgir des flammes de son dos, déstabilisant Kintaro. L’instant d’après, il disparait. Kin essaye de flairer sa piste, mais il n’a pas le temps de la retrouver qu'il se précipite à nouveau sur lui à une vitesse impressionnante. Kintaro hurle. Shishiho lui envoie une pluie de météores, mais il esquive de justesse. Les deux ennemis s’entourent de flammes et se chargent de plein fouet. Le choc est phénoménal. Ils sont tous les deux projeté sur les arbres de la cour. Se faisant face, ils s’envoient d’intenses rayons enflammés. Les formidables jets de flammes illuminent la cour plongée dans le crépuscule. Celui de Kintaro prends l'avantage. Alors qu’il est sur le point de vaincre les flammes de son adversaire, celui-ci plonge dans le rayon de flammes. Il surgit juste devant Kin et le charge à bout portant. Prenant appui sur ses pattes arrière, il accumule l’énergie en lui et se lance à nouveau. Encore plus rapidement. Encore plus. Encore. Kintaro ne peut rien faire, il n’a même pas le temps de le voir arriver qu’il est déjà projeté au loin. Acculé contre un mur, Kin réussit à contrer l’ultime attaque de Shishicho et le propulse en arrière.

Alors que les deux princes se relèvent, ils s’envoient à nouveau des rayons de flammes. Kin surpasse Shishicho. Pour éviter de trop se blesser, ce dernier se met en boule et fait une armure autour de son corps. Kintaro s’approche, toujours en lançant des flammes, mais le prince d’Enju libère un épais brouillard pour se dissimuler. Masqué par la fumée, Kin n’arrive plus à le toucher. Il pénètre dans le nuage et essaye de flairer Shishicho, sans succès.

Au-dessus de sa tête, des sphères lumineuses apparaissent et grossissent dans le ciel. Les météores de Shishicho. Hauts dans le ciel, les gigantesques amas de pierres grossissent à vue d’œil. Ils s'entourent d'un épais manteau de flammes en se frottant contre l'air. Ces étoiles illuminent le ciel par leur éclat ; et par leur taille elles masquent les autres étoiles du ciel. Les météores se précipitent à toute allure vers le sol. Ils transpercent le brouillard et s’abattent directement sur Kin. Il n’a pas le temps d’en éviter un seul.


Malgré la chaleur ambiante, le sol de pierres défoncées est gelé. Autour, plus aucun bruit n’est audible, remplacés par un sifflement aigu et perçant. Entre les deux arbres de la cour, Hogofune bloque Amune et Kazuho, les empêchant de rejoindre Kin.

Puis, des bruits de pas qui se rapprochent. Dans le champ de vision, une tache jaunâtre grossit. Kintaro se retrouve vite entouré d’une aura sombre et malfaisante. Au-dessus de lui, un corps animé de deux billes rouges le surplombe. Pour l’empêcher de bouger, Shishicho l’écrase d’une de ses pattes arrière. Il lève la patte avant vers le ciel, et appelle un autre météore. Le dernier.

Très haut dans le ciel, il chute, inarrêtable. Il n’y a rien à faire. Rien ne l’empêchera de s’écraser sur Kin. Sa lumière éclaire le spectacle. La mort d’un prince de Sendo.

Il tombe. Shishicho baisse la tête et regarde le prince à terre. Il tombe. Son visage est déformé par la haine et la folie. Il tombe. Et un large sourire malsain se gribouille sur son visage.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par monocram » jeu. 21 avr. 2016, 06:34

Metazenithian a écrit :
monocram a écrit :"Es-tu satisfait de ton travail ?"
Ah, ça, la réponse est simple ^^. Non.
Ça peut sembler étrange alors que je n'ai eu que des remarques positives (un certain râleur n'a pas encore ramené sa fraise >.> ) ; mais cette histoire, je trouve qu'elle l'est bâclée, que ce soit dans le choix des mots, dans les tournures de phrases ou dans le style de manière général (pas partout, mais trop souvent à mon goût) :/
Ou alors, c'est juste que je suis mégalomane :D

Pose tes questions, j'attends ;) !
Il me semblait bien et on le voit. Du moins, on le sent en lisant ta fic...

Deuxième question:

"Où et surtout quand écris-tu ?"
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » jeu. 21 avr. 2016, 08:43

J'écris chez moi, entre 10h~11h et 1h du matin, et parfois aussi tôt le matin, entre 8h et 9h ; lorsque que je ne me fais pas appeler par Skype pour parler, lorsque je ne travaille pas sur mes autres projets, et lorsque je ne suis pas en train de faire des recherches pour la fic' :D
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par monocram » jeu. 21 avr. 2016, 17:20

C'est noté ! :^^:

On va procéder différemment :

1) Du début à aujourd'hui, où puises-tu ton inspiration ?

2) Quelle a été ta source d'inspiration préférée jusqu'à aujourd'hui ?

3) Que ressens-tu en écrivant ?

4) Et enfin. Que penses-tu précisément de ta fic ?

Tu n'es pas obligé de répondre à toutes ces questions. Dans ce cas, indique le numéro de la question pour ne pas la réécrire.

Et je te remercie pour tes réponses précédentes. Je suis vraiment désolé de devoir dévoiler une partie de ta vie publiquement (j'aurais pu le faire en privé mais comme on était dans la lancée...).
En tout cas, merci pour la sincérité de tes réponses.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » ven. 22 avr. 2016, 01:36

monocram a écrit :1) Du début à aujourd'hui, où puises-tu ton inspiration ?
Si tu parles de la fic', je puise mon inspiration dans la mythologie grecque, principalement les textes d'Homère et d'Hésiode, dans la culture japonaise (le Kojiki et le Nihon Shoki pour la mythologie, et pour le reste, le folklore traditionnel japonais, les mangas/animés, et d'autres connaissances diverses) , et des jeux Pokémon.
Si tu parles de manière générale, ben c'est l'ensemble de mes connaissances, aussi bien culturelles, que scientifiques ou artistiques.
monocram a écrit :2) Quelle a été ta source d'inspiration préférée jusqu'à aujourd'hui ?
Aucune. Je les apprécie toutes tout autant, puisqu'en plus, j'ai tendance à convertir une source d'inspiration en une autre (i.e., si une image m'inspire, je vais automatiquement y lier une histoire et une ambiance musicale (et d'autres trucs), et vice-versa)
monocram a écrit :3) Que ressens-tu en écrivant ?
Je ne ressens pas vraiment quoi que ce soit. Je vis dans ma tête les histoires que je raconte comme si elles m'étaient vraiment arrivées. Donc en cela, je ressens ce que ressentent mes personnages lorsque j'écris les passages les concernant.
monocram a écrit :4) Et enfin. Que penses-tu précisément de ta fic ?
Boarf', scénaristiquement (je veux dire, juste la succession d'événements, sans situation d'énonciation ni narration) je suis content de ce que j'ai fait. J'avais un modèle scénaristique que je voulais suivre au moins pour cette histoire (à toi de trouver lequel ;) ) , et à ce niveau là, j'ai bien fait ce que je voulais faire. Les événements se déroulent bien dans l'ordre que je voulais.
Pour l'énonciation, ben... je vois pas trop comment on pourrait se planter là-dedans ^^ . J'ai mis les personnages que je voulais mettre au rôle qui leur est adéquat, et il y a bien les bonnes symboliques derrière les lieux et les personnages.
Là où je ne suis pas fier, c'est au niveau de la narration. Je ne suis pas sûr d'avoir correctement réussi à faire passer les symboliques et les fonds que je voulais. Peut-être que je n'ai pas été assez spontané dans ma narration ^^

Aller sur Internet, c'est déjà dévoiler sa vie ;)

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La fin de la deuxième partie ! Le combat final ! La mort d'Uneie !?

La 3ème (et dernière) partie sera publiée ce Dimanche en entier. Elle ne sera pas très longue. Considérons la plutôt comme un épilogue ^^
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Kyoride wa Yama Partie 2.11 :
L’éclair tonne. Alors que le météore n’est plus qu’à quelques mètres, une tache verte fonce droit sur Kin, se baisse le plus possible, et arrivé à son niveau, le soulève et le propulse au loin.

La lumière n’est plus. Une violente onde de choc propulse tout le monde sur l’extérieur de la cour. Il ne reste qu’une personne au centre. Une tache verte est allongée par terre, parmi les débris de pierre.

Kintaro, remis sur pattes, fonce voir de qui il s’agit. Arrivant à la hauteur de la zone d’impact, il y trouve Kazuho, grièvement blessée.

« Kazuho ! », crie-t-il en se ruant vers elle.

« Kin… Kintaro… », lui répond-t-elle, la voix chevrotante.

« Pourquoi as-tu fait ça ? », lui demande-t-il, observant son état, choqué. Meurtri par l’impact, son corps n’a plus rien à voir avec ce qu’il était avant. Elle est couverte de blessures, ses pattes ne peuvent plus bouger, et du sang s’échappe d’un peu partout. Seule sa tête reste encore relativement intacte.

Un éclair bleu s’abat, et Amune apparait l’instant d’après à côté de Kin.

« Sœur ! », hurle-t-il. Il est incapable de prononcer une phrase correcte et trébuche sur chaque mot qu’il dit. Il tourne la tête vers Shishicho, encore à terre à cause de l’impact, et se dirige vers lui.

« Amune… Non… Arrête… Tu n’es pas de taille face à lui… », implore Kazuho. « Laisse Kintaro faire, il est le seul suffisamment puissant parmi nous pour venir à bout de Shishicho. »

« Ecoute ta sœur ! Elle a raison, tu ne peux rien contre moi ! », s’esclaffe celui-ci en se relevant. « Enfin, ton tour viendra Amune, ne t’inquiètes pas. »


Une aura sombre entoure soudainement la princesse. Levant les yeux, elle regarde Kintaro. Tout l’éclat de sa fourrure dorée a disparu. Il ne reste que les ténèbres. Son corps est déformé par la colère. Ses poils se redressent et s’aiguisent comme des aiguilles. Son visage montre une toute autre expression que d’habitude pour Kazuho. Ses crocs saillant jaillissent de sa gueule. Son regard se vide. Il se vide de toute autre émotion que la haine. Des billes anthracite remplacent maintenant ses pupilles. Ses griffes raclent les pierres au sol avec tellement de force qu’elles les gravent, les marquent, les déchirent. Il détruirait le monde, si on le laissait faire.


« Aïe ! », crie-t-il. Kazuho, se servant de ses dernières forces, a réussi à relever la tête pour lui donner un coup de cornes dans le flanc.

« Idiot. Ne fais pas ça. Tu n’as pas à le faire. Tu n’as plus besoin de cette colère, Kin. », hoquète-t-elle. « Est-ce que tu te souviens de tes espoirs et de tes rêves ? », dit-elle, regardant avec fermeté Kintaro.

« Ses espoirs ? Ses rêves ? Que c’est ridicule ! », réplique Shishicho. « Je vais te les dire, ses espoirs et ses rêves. Alors, Uneie, que vas-tu faire ? Vas-tu recommencer à faire les mêmes choses qu’à Sendo ? »

« Je refuse. »

« Vas-tu abattre tes sous-fifres pour de petits désagréments ? »

« Je refuse. »

« Vas-tu mettre une ville à feu et à sang pour un simple caprice ? »

« Je refuse. »

« Comptes-tu froidement t’en prendre à des civils pour satisfaire ta soif de vengeance ? »

« Je refuse. »

« Oserais-tu t’attaquer à ta famille ? »

« Je refuse. »

« Non Uneie, ne te mens pas à toi-même. Tu es comme moi. Et pour cette raison, je vais te détruire. Il ne peut y avoir qu’un seul moi. »

« Je refuse ! », crie Kintaro en s’agenouillant par terre. Ses jambes n’arrivent plus à le porter, sa respiration faiblit, et ses yeux s’embuent.


Derrière lui, une petite patte frêle se pose sur son dos. Une voix lui murmure à son oreille : « Aie-confiance en toi. Tu peux le faire. Relève-toi. Reste… », avant de s’évanouir dans le silence.

« Démène-toi pour faire de toi quelqu’un de meilleur. »
« Des gens vivent bien pire que vous, sire »
« Il y a toujours des personnes qui tiennent à toi. »
« Reste fort. On est derrière toi, gamin. »
« Tu pourrais être formidable. Tu pourrais même résoudre bien des problèmes dans le monde. »
« Souviens-toi de tes espoirs et de tes rêves. »
« Reste… »

La patte sur son dos glisse le long de son corps et tombe sur le sol.


Une lueur brune s’allume dans les yeux de Kintaro. Soudain, son corps tout entier s’illumine, aveuglant toute la cour. Il grandit, jusqu’à atteindre environ deux mètres. Ses pattes deviennent plus massives, la fourrure sur son visage s’épaissit, formant un masque ne laissant de l’espace que pour ses yeux. Les rayures noires de son pelage s’agrandissent, des touffes de fourrure forment des ailes à la base de ses quatre pattes. Ses yeux s’élargissent, se remplissent de fierté et se vident de colère. Son pelage doré se met à briller intensément. Les yeux de Shishicho et Hogofune se détournent. Derrière, Kazuho ferme ses lumineux yeux gris.


Après que le prince a fini de briller, Shshicho ne se décontenance pas et annonce : « Tu restes le même, Uneie. »

« Non. », rétorque ce dernier. Il plonge à une vitesse hallucinante sur les deux frères. Il va tellement vite que personne n’arrive à le suivre du regard. Shishicho et Hogofune n’ont même pas le temps de réagir, Kintaro est bien plus rapide qu’eux. En un clignement d’œil, il arrive à hauteur des deux frères. Il se redresse alors de son long sur ses deux pattes arrière, dominant les deux princes.

Il ouvre alors sa gueule et y concentre un formidable flot d’énergie. Shishicho et Hogofune sont tellement intimidés qu’ils n’arrivent même plus à bouger. Le premier reprend brièvement ses esprits, criant : « Tu ne m’auras pas comme ça ! ». Il lance une énorme colonne de flammes depuis sa gueule. « Qu'est-ce que tu crois ! Je suis le prince d'Enju ! Tu ne peux pas m'abattre ! Personne ne le peut ! ». Mais en touchant le corps d’Uneie, celui-ci les absorbent et se sert de l’énergie contenue dans les flammes pour alimenter la boule d’énergie commençant à grandir devant son visage.

« Tu n'es rien, Uneie ! Rends toi à l'évidence ! Tu ne pourras pas m'avoir ! Et une fois que j'en aurai fini avec ce village, Sendo sera ma prochaine destination ! »

A cet instant, la boule d’énergie s’étire et devient un rayon surpuissant touchant les deux frères de plein fouet. L’impact est si violent qu’il crée une onde de choc soufflant les bâtiments en bois du palais et déracinant les deux arbres de la cour. Amune, pourtant éloigné de quelques mètres, se retrouve projeté contre les murailles en pierre du palais.

Après quelques secondes seulement, le prince de Sendo déclare : « Je suis Kintaro. »


J’halète. Devant mes pieds, un cratère profond d’au moins cent mètres a creusé le sol. Au fond se trouvent les corps agonisants des princes déchus d’Enju. Mais je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur leurs sorts. Lorsque je tourne la tête, Amune est en train de se relever du choc. J’avance dans sa direction, mais je m’arrête sur un corps sans vie au sol.

Même malgré la mort, elle reste entière, et droite. Son pelage marron et vert est maculé de tâches rouges, mais elles ne parviennent pas à en ternir l’éclat. Les deux cornes de sa tête se sont cassées, mais elles n’entament pas sa combativité. Et son visage est… Son visage reste une terre exempte de toute dévastation, car tel est le pouvoir de celle qui veut amener la paix aux gens autour d’elle. Peu importe les désastres, son visage reste toujours aussi gracieux, et sa bouche forme un sourire plus large qu’un croissant de lune. Un de ces sourires que l'on fait lorsqu’on est enfin soulagé d’un lourd fardeau, lorsqu’on a enfin pu voir une personne qui nous est chère se libérer de ses entraves. Un diamant de bienveillance.

Je reste là pendant plusieurs minutes, incapable de bouger. Rapidement, ma fourrure s’humidifie, et des larmes se mettent à couler sur celle qui se trouve devant moi. Le ciel se couvre, et la pluie commence à tomber, éteignant les flammes de cette folie. Il a fallu en arriver là. J’ai fait la même chose que lui, rien ne me donne le droit de rester là à m’apitoyer. Moi aussi, je devrai être au fond de ce trou. Et elle, au-dessus.


« Amune », dis-je en cherchant le prince du regard. Mais celui-ci ne me répond pas. « Amune, partons. Tu n’es toujours pas en sécurité ici, la meute est toujours à tes trousses. ». Me rapprochant de lui, je le fais monter sur mes épaules. Alors que je commence à courir vers la sortie de la ville, j’entends le fracas de la meute se rapprocher. Un autre combat nous serait sans doute fatal. Je concentre mes flammes en direction du sol afin de me propulser dans les airs et sauter par-dessus les murailles. Derrière moi, sur le sol de pavés gris, une touffe d’herbe reste étalée au sol, rongée par le sang des combats. Seul vestige naturel de la bonté dans ces ruines vivantes de la folie. En quelques minutes, Amune et moi sommes à la sortie de la ville.

« Où comptes-tu aller ? », se décide finalement à demander le prince d’Enju.

« Je ne sais pas. Mais je ne peux pas retourner au mont Sendo. Nous allons continuer vers l’est et passer le mont Shirogane. Au moins, tu seras en sécurité de l’autre côté. »

Amune ne répond pas et se contente simplement de descendre de mon dos pour marcher à mes côtés, mais il s’effondre au bout de quelques pas, trop épuisé et secoué. Je le remets alors sur mon dos, et j’avance vers l’est, laissant derrière moi Enju, la ville rouge carmin, la ville des liens.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par monocram » ven. 22 avr. 2016, 06:40

Fort bien tout est noté. Je ne ferai pas mon diagnostic pour le moment mais j'ai les infos. :^^:

Et continue d'écrire. Je t'en prie, ouvre un sondage sur ta fic. Je pense que tu serais étonné du nombre de lecteurs qui lisent ta fic et te soutiennent.


Je viens de lire le dernier chapitre. En effet, tu as modifié ta focalisation. D'un côté technique, la façon dont ça a été fait était peut-être un peu trop brève et cassante. Il aurait fallu l'introduire plus délicatement. Cependant et là où je suis partagé dans mon avis technique, c'est d'un côté artistique. En fait, artistiquement, ton histoire en a besoin. On voit lorsque tu changes de focalisation que Uneie change de suite de personnalité et à ce moment... La focalisation interne a bien été introduite. C'est comme si ton personnage t'avais dit:

"Je ne suis plus Uneie. Je suis Kintaro. Arrête de me suivre Méta. Je saurai me débrouiller seul."


En tout cas, c'est un travail intéressant que de changer de focalisation de la sorte. Techniquement c'est cassant mais je pense que l'artistique a besoin de ce côté "cassant", justement, pour pouvoir faire effet.
Vivement dimanche.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » dim. 24 avr. 2016, 20:18

Salut à tous !

J'ai un petit soucis donc je ne pourrais pas publier la dernière partie ce soir ^^".
Du coup, la fin de Kyoride wa Yama sera mise sur le forum demain soir (ou plutôt, comme d'habitude, après-demain matin vers 1h30 :D )

Désolé ^^'
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » mar. 26 avr. 2016, 01:10

Et la voilà ! La dernière partie de cette 1ère fiction.

Je mettrai à jour le post de base pour qu'il regroupe la 2ème partie, et celle-ci.
La prochaine histoire arrivera dans une 10aine de jours (normalement :D )

Merci à tous ceux qui ont lu cette histoire, et à ceux qui ont eu l'audace la gentillesse de me donner un retour d'impressions. Et merci également à monocram et au comité des critiques, pour son analyse de texte ^^.

Bonne lecture à tous ;) !

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Kyoride wa Yama Partie 3 :
Cela faisait bien une semaine qu’Amune et moi marchions en direction de l’est. Après avoir passé le mont Shirogane, nous arrivâmes dans la province de la Porte de l’Est. C’était une très grande et très riche province située dans une vaste plaine fertile, et entourée par des remparts de montagnes protectrices. Au nord, parmi ses montagnes s’en trouvait une particulière, connue pour ses gisements de cuivre, le mont Otsukimi. Arrivés là-bas, nous fûmes bien reçus par le seigneur local qui nous fournit le gîte et le couvert gratuitement.

Un jour, au détour, d’une balade sur les pentes de la montagne, je fis la rencontre du fils du roi, qui apparemment revenait d’un long voyage.

« Eh toi ! L’étranger ! J’ai entendu parler de toi. Qu’est-ce que tu fais encore ici ? On n’aime pas beaucoup les gens comme vous. Vous avez bien de la chance que mon père vous accepte. », me lança-t-il avec une expression de dégoût sur son visage. C’était un garçon assez jeune, en tout cas, plus qu’Amune, qui était déjà plus jeune que moi. Il était entouré de plusieurs personnes, partageant toutes ce même regard. A vrai dire, il était difficile de le distinguer des autres personnes autour. On aurait dit un fantôme, ou une ombre au milieu des ténèbres. « Alors toi et l’autre boule de poils bleu allez partir d’ici tout de suite, ou c’est moi qui vous ferez partir. », poursuivit-il.

Amune, qui était derrière moi, restait toujours muet. Il avait retrouvé son apathie habituelle, mais il n’était pas encore complètement remis. On n’avait pas reçu la moindre nouvelle du royaume d’Enju ; ce qui voulait dire que si nous partions d’ici, nous devrions à nouveau errer dans la nature.

Interrompant les rires de la masse, je m’avançai et dit : « Non. Si nous partons, nous n’aurons plus d’endroit où aller. Je vous en prie, ayez pitié de nous, nous ne faisons aucun mal. ». Alors que je m’agenouillais devant lui, le prince avança à son tour et me fit face. Il me surplombait de tout son haut.

« Comment ? Tu oses t’opposer à un ordre du prince héritier ? », gronda-t-il.

D’un mouvement sec et net, il envoya son pied directement dans tête. D’un mouvement sec et net, je fus projeté en arrière. Derrière moi, j’entendais Amune se préparer à s’interposer.

« Non Amune ! », lui dis-je. « Laisse-moi faire. »

Je me relevai, et me remis droit sur mes pattes. « S’il vous plaît, prince, ayez pitié. », implorai-je.

« Et puis quoi encore ? », répondit-il. « Tu t’es opposé à moi, maintenant tu vas en subir les conséquences. »

Aussitôt dit, je reçus un uppercut qui me fit tomber sur mes pattes arrière.

« Allez, il semblerait qu’aujourd’hui on puisse s’amuser. Celui-ci a trop peur pour se défendre. Mais il a une grande gueule qu’on doit fermer. »


Je ne levai même pas la tête. Mon corps était là, à terre, en train de se faire ruer de coups.

« Oui ! C’est ça ! Laisse toi faire ! »

Un déluge de coups. Avec la paume de la main, avec le poing. Des coups de poing fulgurants frappaient mon corps de toutes parts. Ils me frappaient sans même faire attention à leur garde. De la tête au pied. Des coups de pieds me frappaient plusieurs fois d’affilé. Deux fois. Trois fois. Ils envoyaient mon corps s’éclater contre les rochers sur les pentes de la montagne.

« Eh ! Reste là ! »

« On a encore des coups à te donner ! »


Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je restai là à me faire frapper ? Sans réagir. Sans rien dire.

« Tu mérites ce qui t’arrives, étranger ! »

Oui, c’était ça. C’était vrai, je le méritais. Après tout, après tout ce que j’avais fait, je devais bien mériter ça. J’ai frappé. J’ai agressé. J’ai attaqué. J’ai rasé. J’ai tué. J’ai abattu. J’ai frappé les seuls amis que j’avais. J’ai agressé des civils. J’ai attaqué ma famille. J’ai rasé une ville. J’ai tué des proches. J’ai abattu des innocents.

Finalement, ça devait être comme ça que devait se terminer la vie d’une personne comme moi.


En premier, ce fut mes pattes que je ne sentis plus. Mes griffes étaient cassées en mille morceaux, éparpillées tout autour de moi. Puis, mon corps commença à son tour à m’abandonner. Des touffes de fourrure m’étaient arrachées.

« Quelle belle fourrure ! »

« On pourra la revendre cher ! »

La douleur n’avait plus aucun impact sur moi. Je ne sentais plus rien jusqu’à mon visage. Les voix des gens autour s’évanouissaient. Petit à petit, je perdais la lumière.


C’est bon, j’étais prêt. J’étais prêt à abandonner ma vie.


« Si c’est ce que tu penses, c’est que tu n’as pas encore compris ce qu’elle cherchait à te montrer. », me dit une voix au loin. Pourtant, lorsque je relevai la tête, personne ne se trouve autour de moi, à part une masse difforme de coups, et au-dessus, des nuages gris et blancs.

Il me fallut quelques minutes de plus pour comprendre ce message, mais je crois que je commençai enfin à entrevoir la vérité.

« Reste… » Cette voix résonnait dans ma tête.

« Reste… » Je n’entendais que ça dans ma tête.

« Reste… » Je n’entendais plus rien d’autre.

Rien d’autre que ça.


« Reste… »

« Reste toi-même. »

Moi-même. Moi-même ? Mais qui suis-je ? Est-ce que je suis quelqu’un comme ça ? Pourquoi est-ce que je fais ça ? Depuis quand est-ce que je me laisse faire ? Est-ce que c’est vraiment moi ?

Que suis-je ?


J’ai utilisé le nom de Kintaro pour oublier. Oublier qui j’étais. Ce que j’avais fait. Fuir. Mais je ne suis pas ce Kintaro là. Et je ne veux plus être l’Uneie que j’étais. Mais dans ce cas, dans tout ce chaos, qui pourrais-je bien être ?

« Moi-même. »

Mais qui est moi-même parmi cette masse obscure et difforme d'actions toutes plus honteuses les unes que les autres ?

J’agis. Je frappe. Je ne réfléchis pas. J’ai fui la réalité en me cachant derrière un autre nom. Mais est-ce si simple ? Au fond, je reste le même.

« Non »

« Les choses ont changé. »

J’ai changé. Je sais quoi faire. Je sais ce que je veux faire.

Est-ce que je peux laisser les événements de Sendo et d’Enju se répéter ?

« Non. »

Est-ce que je peux continuer à laisser ces déchaînements de violence se perpétrer ?

« Non. »

Est-ce que je peux laisser la haine se propager ?

« Non. »
« Je forcerai l’admiration. Je propagerai le respect. »
Est-ce que je peux laisser ma propre violence me consumer?

« Non. »
« Je la canaliserai pour faire s’extérioriser mes sentiments, pour agir, pour me battre. »
Est-ce que je peux laisser le chaos se répandre ?

« Non. »
« Je rallierai les gens autour de moi dans une grande communauté unie. »
« Je permettrai ma famille de continuer à pouvoir espérer. Je porterai mes proches vers la réalisation de ses rêves. »

Je créerai mon propre futur. Et je sais que des gens autour de moi sont là pour m’y aider.

J’amènerai ceux qui me suivent à se dépasser, à se surpasser.

Je serai ce que j’ai toujours été. Un leader.


Je laissais la lumière du crépuscule m’envelopper. Mais qu’est-ce que le crépuscule, sinon l’aube de la nuit ? Je suis le feu, la lumière qui éclaire l’obscurité.

Doucement, je revenais à mes sens. Alors, je compris ce qu’il m’arrivait. Les coups avaient cessés, mon corps avait commencé à briller. Lorsque je me levai, le prince et ses gens se paralysèrent sur place, intimidé par la nouvelle personne qu’ils avaient sous leurs yeux.

Dans un éclat de bravoure, ils tentèrent de me frapper à nouveau. Mais chaque coup des ténèbres ne fit qu’augmenter mon ardeur.


« Je ne me laisserai plus faire. »

Uppercut, esquive basse. Coup de pied sauté, esquive latérale. Direct du droit, esquive à gauche. Je contournai chacun des coups qui m’étaient portés.

Et alors que c’était maintenant à mon tour, je repoussai le prince vers la montagne, en utilisant mes flammes et mes charges. Je le forçai à monter toujours plus haut sur les pentes de la montagne.

Finalement, je m’élançai sur lui si vite qu’il ne put même pas me voir, et le propulsai au sommet de la montagne. Je l’y rejoignis, et lorsque j’arrivai à mon tour au sommet du mont Otsukimi, la montagne aux météorites, un large panorama sur toute la province de la Porte de l’Est se découvrit à mes yeux. Quel spectacle magnifique. Au loin, la lumière crépusculaire se reflétait sur le pont d’Or de la ville d’Hanada. Kazuho aurait adoré voir cette scène, et toutes les autres de ce monde. Il faudra que je les visites.

Je tournai la tête vers le mont Sendo, et tandis que le soleil se couchait au loin, la Lune se levait à son sommet. Un gigantesque croissant de lune éclairait la nuit, comme un sourire ensoleillant les ténèbres. A ces côtés, une crinière de flammes s’agite au vent, dispersant dans l’air moult étincelles embrasées. Ils m’observent, et sous leur regard bienfaisant, je sais que je suis en sécurité où que j’aille.


Derrière moi, le prince d’Otsukimi commençait à reprendre ses esprits. Lui et tous ses sbires étaient confus et ne savaient plus vraiment quoi faire.

« Au loin, une montagne. »

« Majestueuse gardienne de la route menant de la terre aux cieux, elle trône sur l’horizon, géante parmi les montagnes, tel un colosse inébranlable. »

« Faisant face à la mer, ses abruptes falaises résistent sans ciller aux vagues dévastatrices de Kuraokami. »

« En son sein, des grottes, des cavernes, des gouffres se creusent, abritant moult formes de vie. »


« Mais… », bégayai-t-il. « Mais qui es-tu ? »


Pour la première fois, je crois, je laissai mon visage arborer un large sourire. Pour la première fois, je sus ce que je voulais faire. Ce que je devais faire.

Je sus enfin qui j’étais.


« Je suis Uneie. »
Kyoride wa,
Tsuki noborimasu,
Yama no ue ni.
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Asdrubael » mer. 11 mai 2016, 15:44

J'ai adoré ta Fan-fiction Meta :D !
J'avais un peu de mal à rentrer dans l'univers au début, mais j'y suis arrivé et ça valait le coup ! De plus je trouve le final de la Fan-fiction sublime et j'attends donc vivement la deuxième histoire. :hap:
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Re: [Fanfiction]Le Cercle des 12 — Kyoride wa Yama

Message par Metazenithian » jeu. 12 mai 2016, 22:27

Merci beaucoup Asdru' ^^
Comme vous l'avez peut-être remarqué, la 2ème fic est vraiment en retard, et j'en suis désolé. Mes impératifs d'étudiant me prennent plus de temps que prévu. Je ne sais absolument pas quand j'aurais le temps ni d'écrire, ni de publier l'histoire, mais je vous préviendrai en temps et en heure.
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